La répartition des richesses, enjeux des élections mozambicaines

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par Pascal Fletcher et Manuel Mucari MAPUTO, 15 octobre (Reuters) - Le Front de libération du Mozambique (Frelimo), mouvement marxiste au pouvoir depuis l'indépendance acquise en 1975, devrait être reconduit à l'issue des élections présidentielle, législatives et locales de ce mercredi, dont l'un des principaux enjeux sera la lutte contre les inégalités. Toujours profondément marqués par la guerre civile qui a fait rage jusqu'en 1992, les Mozambicains réclament les dividendes d'une croissance parmi les plus élevées d'Afrique et une meilleure répartition des revenus issus notamment des gisements de gaz naturel découverts récemment. "Les dirigeants doivent penser au peuple. Ils doivent savoir comment tirer parti des ressources", résume un étudiant de 24 ans interrogé dans un bureau de vote de Maputo. Filipe Nyusi, ministre de la Défense et candidat du Frelimo à la présidentielle, n'a pas ménagé ses efforts pour assurer la reconduction du parti, menacée par l'ex-rebelle Afonso Dhlakama, chef de la Résistance nationale mozambicaine (Renamo), et par la montée en puissance de Daviz Simango, issu d'un Mouvement démocratique mozambicain (MDM) devenu la troisième force politique du pays. La Constitution interdit à Armando Guebuza, chef de l'Etat sortant, de briguer un troisième mandat. Pour John Stermlau, membre de la fondation Carter qui fait parti du millier d'observateurs étrangers déployés pour l'occasion, ce cinquième scrutin présidentiel depuis l'accord de paix de 1992 est "le plus disputé de l'histoire du pays". "Le véritable enjeu de ce moment de transition sera de savoir si les responsables politiques qui se sont toujours combattus sauront s'entendre sur la formation d'un gouvernement d'union nationale pour que la représentativité soit au rendez-vous", poursuit-il. Les deux adversaires de Filipe Nyusi promettent d'en finir avec l'hégémonie politique et économique du Frelimo. "Le Mozambique appartient à tout le monde", clame le slogan phare du MDM. Son chef de file Daviz Simango, âgé de 50 ans, a déjà fait plus que de la figuration lors du scrutin présidentiel de 2009 remporté haut la main par Armando Guebuza. Afonso Dhlakama n'est quant à lui sorti de la clandestinité que le mois dernier pour signer un nouvel accord de paix qui a mis fin à deux ans d'affrontements sporadiques entre la Renamo et les forces gouvernementales. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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