La réouverture de la piscine Molitor suscite passions et polémiques

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VIDÉO - La célèbre piscine parisienne de l'avenue de la porte de Molitor vient de rouvrir ses portes dans un nouvel habit d'hôtel de luxe et de club privé. Une métamorphose qui suscite enthousiasme et critiques.

Après 25 ans de fermeture, la réouverture de la piscine Molitor à Paris qui a eu lieu ce lundi était pour le moins attendue. Lieu emblématique du sport et de la culture entre 1929 et 1989, il a été totalement reconstruit en reprenant autant que possible les éléments d'origine. L'esthétique Art Déco et les deux grands bassins, l'un à l'air libre de 46 m de long et l'autre, couvert mesurant 33 m sont bien là, mais les lieux ont évolués pour se transformer en hôtel de luxe de 124 chambres et club privé pouvant accueillir 1000 membres. L'établissement sera géré par le groupe Accor sous la marque MGallery, une «collections d'hôtels» qui s'installent dans des lieux chargés d'histoire et doivent susciter l'émotion des clients, selon l'expression du patron d'Accor, Sébastien Bazin.

Côté émotions, tout le monde a été servi, détracteurs et enthousiastes. Les premiers n'ont pas manqué de souligner les tarifs pour le moins élitistes de cette structure. Mis à part quelques élèves du XVIe arrondissement parisien qui auront accès à la piscine trois matinée par semaine, le privilège de barboter dans ces bassins sera réservé aux clients de l'hôtel et aux membres du club. Dans un cas, il faut débourser 300 euros en moyenne pour une chambre classique alors que dans l'autre, un adulte devra verser 3300 euros d'abonnement par an. Quant à l'accès au club pour un jour, il s'affiche à 180 euros... Sinon, il faudra se contenter de la vue sur la piscine depuis les restaurants. Une situation qui a poussé l'ex-ministre Jack Lang, qui avait fait classer le bâtiment, à dénoncer «une mercantilisation du lieu».

Du bâtiment à l'hôtellerie

Mais les pro-Molitor ne sont pas en reste pour évoquer la magie du lieu. Ainsi Vincent Mezard, tout juste 30 ans, directeur de l'établissement et ses 200 salariés ne se destinait pas du tout à cette carrière. Cet ingénieur passé par Bouygues et Colony Capital est plutôt un homme du bâtiment. Mais à force de superviser ce chantier et d'apprécier l'énergie et les compétence mises en ½uvre, au moment de participer au recrutement de l'équipe dirigeante, il s'est dit qu'il se verrait bien en chef d'orchestre. Il résume d'ailleurs parfaitement l'état d'esprit des lieux par cette formule: «ouvert à tout le monde et réservé à quelques-uns».

Finalement, l'homme qui s'est le plus mouillé dans ce projet reste Sébastien Bazin. A l'époque du lancement du chantier, il dirigeait Colony Capital le fonds qui finance les travaux et détient un bail emphytéotique de 54 ans sur place. Un projet cher à son c½ur, à deux pas du PSG qu'il a dirigé 2 ans, et un chantier qu'il à suivi selon ses propos «toutes les semaines depuis six ans». Un vrai défi car selon son entourage, «reprendre un bâtiment avec une piscine, c'est compliqué, c'est un défi, mais avec deux piscines, c'est une connerie.»

Rolls Royce de Cantona

Pour marquer son engagement et son attachement, il n'a pas hésité à plonger dans le bassin en costume avant de rejoindre la tribune flottante installée sur le bassin couvert pour prononcer son discours. «Cela faisait 25 ans que personne ne l'avait fait, explique-t-il et je voulais être le premier à piquer une tête.» Une manière aussi d'exprimer la philosophie de cet établissement: «frondeur, fantasque et joyeux». Un endroit où l'immense spa Clarins côtoie la Rolls-Royce taguée qui avait appartenu à Eric Cantona, et où les vitraux Art Déco s'associent au béton brut et aux fresques de Street art, rappelant l'époque où les lieux était entièrement recouverts de graffitis. Un mélange des genres plutôt réussis mais qui s'adresse à un public sans doute plus restreint que par le passé.

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  • M9390997 le mardi 20 mai 2014 à 10:22

    Cet endroit devait rester aux usagers d autrefois et non encore a cette M.... de fouteux et autres BOBO, bravo la Mairie de Paris