La rentrée décalée, un nouveau geste avant les européennes

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LA RENTRÉE SCOLAIRE REPORTÉE D?UN JOUR
LA RENTRÉE SCOLAIRE REPORTÉE D?UN JOUR

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a annoncé vendredi le report d'une journée de la rentrée scolaire, décision justifiée par des motifs techniques mais qui s'apparente à un nouveau geste envers ses électeurs, à quelques jours des élections européennes du 25 mai.

Au lendemain des manifestations de fonctionnaires contre le gel de leurs salaires, le ministre de l'Education, Benoît Hamon, qui doit déjà batailler pour imposer la réforme des rythmes scolaires, a officialisé le report de la "pré-rentrée" des enseignants du 29 août au 1er septembre.

La rentrée des élèves est décalée au mardi 2 septembre.

Le ministère invoque dans un communiqué un report nécessaire pour gérer au mieux, sur le plan technique et administratif, les 40.000 personnes qui prendront pour la première fois leur poste dans l'éducation nationale à la prochaine rentrée.

Mais cette révision du calendrier répond à une demande des syndicats et constitue un nouveau gage donné à l'électorat de gauche, échaudé par le plan d'économies de 50 milliards d'euros et une politique tournée vers les entreprises.

Le PS est donné par tous les instituts de sondage en troisième position, derrière le Front national et l'UMP, pour le scrutin européen du 25 mai et le Premier ministre Manuel Valls multiplie les meetings pour mobiliser son électorat.

Ce geste fait suite aux concessions sur les retraites ou les minima sociaux faites aux députés, ou à la publication du décret sur les entreprises stratégiques, au moment où Alstom pourrait passer sous pavillon étranger.

UN ÉLECTORAT TRADITIONNELLEMENT DE GAUCHE

Manuel Valls a en outre promis vendredi un milliard d'euros de baisse d'impôt dès cet automne, ce qui permettra selon lui de "faire sortir" 1,8 million de ménages modestes français de l'impôt sur le revenu (IR), trois fois plus qu'annoncé initialement.

Pour le président de l'UMP, Jean-François Copé, les Français ne sauraient être "dupes" de ce geste accordé à l'approche des élections européennes du 25 mai, même si le Premier ministre s'est défendu de tout "électoralisme".

"Autant vous dire que la ficelle est tout de même très grosse et que je ne crois pas un instant que les Français en seront dupes", a-t-il déclaré après un entretien avec François Hollande dans le cadre des consultations sur la réforme territoriale.

Les enseignants, qui votent traditionnellement à gauche, déploraient de devoir reprendre le travail le vendredi 29 août et de voir ainsi leur dernière semaine de vacances estivales tronquée par la pré-rentrée.

"C'était une demande des enseignants globalement parce que, notamment dans le second degré, on travaille assez tard en juillet, les équipes préparent des projets, et organisent plutôt leurs congés au mois d'août", a déclaré à Reuters Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU.

Si elle confirme les difficultés posées par la prise en compte des nouveaux arrivants dans l'Education, elle valide surtout l'idée que Benoît Hamon a envoyé un signal politique.

"Il y a un vrai problème juridique pour les nouveaux qui, en théorie ne sont fonctionnaires qu'à partir du 1er septembre", a-t-elle dit.

"Mais en même temps, je pense que Benoît Hamon a voulu aussi faire un geste disant qu'il entendait les revendications des enseignants dont les conditions de travail se sont déjà dégradées ces dernières années."

La journée de travail ainsi perdue pour les élèves sera rattrapée, a assuré le ministre de l'Education, qui risque en revanche de voir sa décision contestée par les parents qui voient les vacances de leurs enfants se prolonger d'une journée.

(Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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