La religion plus forte que le socle d'unité

le , mis à jour à 21:15
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La religion plus forte que le socle d'unité
La religion plus forte que le socle d'unité

La Nouvelle-Zélande est venue à bout de l'Afrique du Sud dans un classique du rugby mondial. Deux nations où le rugby est roi, pour des raisons différentes, et où les styles sont complètement opposés. Le jeu, religion des Blacks, l'a encore une fois emporté. Mais qu'il fut dur à imposer...

Nouvelle-Zélande – Afrique du Sud, c’est un classique. Une opposition de styles. L’esthétique, le beau, contre la puissance physique, le combat poussé à son extrême. Mais ce choc entre Blacks et Springboks, c’est aussi l’affrontement des deux nations reines du rugby. En Nouvelle-Zélande, le rugby est une religion. En Afrique du Sud, il est le socle de l’unité d’un pays longtemps martyrisé par le spectre de l’apartheid. Ce samedi soir, toute la nation arc-en-ciel est triste et pleure ses Boks, sortis de la Coupe du monde sans pouvoir aller chercher une troisième couronne mondiale. Pourtant, la puissance, la brutalité parfois, des partenaires de Fourie du Preez a bien failli triompher des apôtres du rugby total.

Une brèche, et les Blacks s’y engouffrent

Sur la pelouse détrempée de Twickenham, jamais les hommes de Steve Hansen n’ont pu développer ce jeu si flamboyant qui avait fait exploser le XV de France il y a une semaine. Les chiffres en attestent : à peine 5 percées (contre 14 face aux Bleus) et 398 mètres parcourus ballon en main (contre 732 face à la France). Dix petites minutes de creux dans le camp adverse ont suffi aux coéquipiers de Richie McCaw pour trouver une brèche. Davantage de passes au large et d’éjection rapides. Tout de suite, la sanction avec l’essai de Beauden Barrett, nouvel entrant. Mais à part ça, un duel physique et rien de plus. Mais même dans ce genre-là, les Blacks sont forts. Terriblement forts. Sur 84 plaquages, les Néo-Zélandais n’en ont manqué que trois…

Plus facile en finale ?

Invincibles, donc ? Peut-être, oui. Car même quand ils sont privés de ce qui fait leur force, de leurs repères, les champions du monde en titre gagnent. Contre l’Australie ou l’Argentine en finale, l’adversité sera différente. Moins axée sur le combat et sur la dimension physique. Et dans ce domaine, la Nouvelle-Zélande excelle. Ma’a Nonu et Carteri, leaders de jeu d’une génération dorée qui passera la main dans une semaine, semblent promis à un troisième titre mondial. En jouant au rugby. Ou tout du moins, en cherchant constamment à jouer au rugby. Car telle est leur religion. Et ça, c’est peut-être la meilleure nouvelle de cette Coupe du monde…

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