La relation à l'écologie au coeur du vote agricole, dit la FNSEA

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SELON LA FNSEA, LA RELATION À L'ÉCOLOGIE SERA AU COEUR DU VOTE DES AGRICULTEURS À LA PRÉSIDENTIELLE
SELON LA FNSEA, LA RELATION À L'ÉCOLOGIE SERA AU COEUR DU VOTE DES AGRICULTEURS À LA PRÉSIDENTIELLE

par Gus Trompiz

PARIS (Reuters) - La relation entre agriculture et écologie sera au coeur du vote des agriculteurs français à l'élection présidentielle, prévient Xavier Beulin, le président de la puissante FNSEA.

Les adhérents de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, qui votaient traditionnellement à droite, surtout pour leur champion Jacques Chirac, s'interrogent aujourd'hui sur le candidat le mieux à même de défendre leurs intérêts, a-t-il déclaré dans une interview à Reuters.

"Le monde agricole est relativement proche de la moyenne française. Il est beaucoup moins marqué politiquement qu'il ne l'était", a-t-il dit au siège de la FNSEA.

Afin de ne pas perturber le débat pendant la campagne électorale, la FNSEA ne commandera plus dans les mois qui viennent d'enquêtes d'opinion sur les intentions de vote des agriculteurs, a-t-il annoncé.

Mais selon un sondage réalisé par l'Ifop en décembre, Nicolas Sarkozy (37%) arriverait en tête du vote des agriculteurs au premier tour et la candidate du Front national Marine Le Pen (20%) soufflerait la deuxième place au favori des sondages, le socialiste François Hollande (15%).

La question de la relation, "difficile" d'après lui, entre agriculture et écologie devrait être centrale dans leur choix.

"Les agriculteurs ont un sentiment très amer, renforcé par le Grenelle de l'environnement", estime Xavier Beulin.

D'où une certaine réticence à voter pour le président sortant, qui n'a pourtant pas ménagé ses efforts pour séduire cet électorat, s'en prenant notamment aux positions "sectaires" des écologistes sur l'agriculture productiviste.

CONTRE LE GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT

Les agriculteurs "ont entendu, notamment sur les deux dernières années, un président de la République que l'on pouvait sentir plus proche de leurs préoccupations. Mais la réalité sur le terrain, ce n'est pas ça du tout", dit-il. "C'est quand même ce gouvernement qui a mis (le Grenelle) en place."

Une cinquantaine d'agriculteurs ont ainsi déversé début février de la paille et de la terre devant l'entrée du ministère de l'Environnement à Paris pour protester contre la politique agricole du gouvernement.

Une colère que la nomination de la ministre de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet comme porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy ne devrait pas apaiser. "Pour les agriculteurs, ça ne passe pas bien", dit Xavier Beulin.

Mais, à en croire le patron de premier syndicat agricole, les autres candidats n'inspirent pas plus confiance.

Le volet agriculture de l'accord conclu entre le PS et écologistes n'est "pas satisfaisant du tout", dit-il, reprochant aussi à Eva Joly de vouloir "bâtir l'agriculture en France uniquement sur les circuits courts et l'agriculture biologique".

Quant au discours "anti-européen" de Marine Le Pen, il "n'est pas tenable", estime-t-il, rappelant que la préservation de la Politique agricole commune (PAC) est jugée prioritaire par les adhérents de la FNSEA.

Xavier Beulin a déjà rencontré François Hollande et le candidat centriste François Bayrou. Il a demandé à rencontrer Marine Le Pen, l'écologiste Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche). Tous les candidats à l'élection présidentielle sont invités à participer à un débat pendant le congrès annuel de la FNSEA, fin mars.

Avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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