La régulation a coûté neuf milliards aux assureurs

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Les grands groupes européens s'attendent à voir ces dépenses rester élevées jusqu'en 2015.

S'adapter aux nouvelles réglementations européennes ou nationales coûte cher aux assureurs. Entre 2010 et 2012, les 40 grands groupes européens, comme Axa ou Allianz, ont dû y consacrer en moyenne plus de 200 millions d'euros chacun, selon une étude réalisée par Deloitte. Au total, la profession a déboursé quelque 9 milliards d'euros en deux ans, dont 4,2 à 4,9 milliards pour la seule année 2012.

L'essentiel de ces dépenses a été consacré à Solvabilité II, la grande réforme européenne imaginée après la crise de 2008 pour conforter la solidité de l'assurance européenne. Elle incitait notamment les assureurs à investir en obligations d'État, sous prétexte qu'elles étaient «sans risques». Sa crédibilité ayant été écornée, notamment par la crise de la dette, une grande incertitude règne aujourd'hui autour de ce projet, même si l'entrée en vigueur est théoriquement prévue pour 2016. Outre Solvabilité II, les assureurs ont dû également intégrer Fatca, une réglementation qui les contraint à déclarer aux autorités américaines les avoirs détenus par les clients américains hors des États-Unis. «Les réglementations nationales se multiplient aussi. En Grande-Bretagne, par exemple, les assureurs ont dû faire face à une nouvelle loi, portant sur la distribution de leurs produits», remarque Michel de la Bellière, associé Conseil Industrie Financière chez Deloitte.

Des investissements utiles

Guère optimistes, les assureurs européens s'attendent à voir ces coûts de régulation rester élevés jusqu'en 2015. Ceux qui sont cotés en Bourse vont notamment devoir s'adapter à la mise à jour des normes comptables IFRS.

«Tous les assureurs ne sont pas égaux face aux dépenses induites par les nouvelles réglementations» souligne Michel de La Bellière. Elles pèsent par exemple plus lourdement sur les groupes cotés en Bourse ou les assureurs susceptibles, en raison de leur importance, de constituer une menace pour le système financier s'ils se trouvaient en difficulté.

Les grands assureurs peuvent aussi plus facilement y faire face. «Pour une grande compagnie, se préparer à Solvabilité II par exemple coûte environ 1% du chiffre ­d'affaires, étalé sur quatre à cinq ans. Pour une petite mutuelle, cela représente plusieurs points», ­résume Michel de La Bellière. Mais les assureurs voient le bon côté des choses. «Certains estiment par exemple que les investissements ­réalisés pour se préparer à Solva­bilité II les aident à améliorer leur contrôle des risques, et à se doter d'informations utiles aussi pour mieux piloter l'entreprise», observe Michel de La Bellière.

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  • idem12 le vendredi 6 sept 2013 à 07:13

    faux il va coûter 9 milliards aux assurés. le assureurs vont s'empresser de répartir ces coûts sur leur clients.