La réforme, seule option pour Hollande en plein constat d'échec

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* Les partenaires européens de Paris réclament plus de réformes * Une relance par la demande impossible pour des économistes * Un nouveau délai pour les déficits contre-productif ? par Julien Ponthus PARIS, 14 août (Reuters) - Déficits, croissance, chômage, logement : François Hollande est contraint d'assumer à la moitié de son mandat un quadruple échec avec pour seule option, selon des économistes, d'accélérer le rythme de réformes impopulaires dans une partie de sa majorité. L'abandon implicite, jeudi, de l'objectif de ramener les déficits publics à 3% du PIB en 2015 en raison d'une croissance nulle sonne, avec ceux de l'inversion de la courbe du chômage ou de la construction de 2,5 millions de logements pendant le quinquennat, le glas des engagements phares du président. "Mieux vaut assumer ce qui est, plutôt que d'espérer ce qui ne sera pas", a résumé dans une tribune au Monde le ministre des Finances, Michel Sapin, laissé seul en première ligne, à la veille du week-end du 15 août, pour rendre compte devant l'opinion de l'impasse dans laquelle se trouve le gouvernement. Le président et son Premier ministre prévoient de faire le point sur la situation économique vendredi au Fort de Brégançon, la résidence d'été du président dans le Var, mais n'ont pas prévu de s'exprimer sur ce revers. Mais la réponse avait par avance été annoncée par Manuel Valls le 1er août lors d'un séminaire gouvernemental où il avait préparé l'opinion à de mauvaises nouvelles économiques. "Réformer inlassablement", avait promis le Premier ministre, auquel ses partenaires européens et les milieux économiques demandent d'aller au-delà du pacte de responsabilité pour baisser plus fortement le coût du travail pour les entreprises. "UN PROBLÈME MASSIF D'OFFRE" "Les réformes structurelles doivent aller plus loin", a estimé jeudi le Medef dans un communiqué, réclamant notamment la révision des seuils de salariés au-delà desquels les entreprises se voient imposer des obligations sociales, une réforme prévue par le gouvernement mais rejetée par les syndicats. Pour Patrick Artus, "la croissance est bloquée par un problème massif d'offre", et une relance de gauche classique en faveur des ménages - réclamée par les "fondeurs" de la gauche du Parti socialiste - ne changerait pas la donne. "On voit bien au deuxième trimestre que le soutien de la consommation profite aux importations et pas à la production domestique", tranche l'économiste de Natixis. L'Europe campe quant à elle sur ses positions. "C'est à travers des réformes, votées et mises en oeuvre, que les conditions d'une reprise durable pour la croissance et l'emploi seront posées en France", a dit jeudi un porte-parole de la Commission après la réduction de moitié, à 0,5%, de la prévision de croissance française pour 2014. Manuel Valls prépare une tournée des capitales européennes à la rentrée, en commençant avec Angela Merkel en septembre, pour obtenir que la réduction des déficits puisse se faire en France à un rythme qui n'étouffe pas une activité encore balbutiante. Il devra démontrer que la France a consenti les efforts structurels nécessaires pour reporter au-delà de 2015 l'objectif de ramener le déficit à 3%. UN NOUVEAU DÉLAI MALVENU ? Il compte notamment sur le projet du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, de s'attaquer aux professions réglementées pour étayer la position de la France. "Vu l'indulgence dont a fait traditionnellement preuve Bruxelles à l'égard de la France, on peut craindre que Paris obtienne un délai supplémentaire pour atteindre les 3%", estime Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque, qui craint que la France abandonne les réformes sitôt obtenu un nouveau délai. "Sans pression forte de la part de l'Europe et ou des marchés financiers, la France ira à reculons dans les réformes", estime-t-il, alors que des certains économistes prédisent un avenir sombre s'il n'y a pas de changement de politique fort. "Le chômage continuera de battre des records au moins jusqu'au printemps 2015", estime Marc Touati du cabinet ACDEFI pour qui la dette de la France atteindra 100% du PIB en 2015. "En prévision de ce nouveau dépassement des objectifs de comptes publics, la note de la France sera dégradée d'au moins deux crans d'ici la fin d'année", prédit l'économiste, qui voit la crise de la dette revenir "en fanfare dès cet automne" et frapper la France. Voir aussi : France-La croissance stagne, les objectifs 2014 abaissés ID:nL6N0QK0NC ENCADRE-Le feuilleton des 3% empoisonne la politique de Hollande ID:nL6N0QJ2F1 Hollande pris en tenaille sur les déficits ID:nL6N0QJ3KL (Avec Ingrid Melander, Jean-Baptiste Vey et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Yves Clarisse)

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  • rodde12 le jeudi 14 aout 2014 à 19:48

    Courage plus que trois ans à tenir . Vous les avez voulu vous les avez. Vous pourrez même revoter pour eux en 2017. Car ils se représenteront.

  • sarestal le jeudi 14 aout 2014 à 19:43

    Challenge : Dette = 100% du PIB

  • sarestal le jeudi 14 aout 2014 à 19:42

    Mr Sapin a précisé 3 choses importantes : - il n' est pas question de diminuer les dépenses publiques - il ne faut pas diminuer les impôts- on garde le cap ht tp://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-croissance-reste-nulle-au-2e-trimestre-selon-l-insee_1566318.htmlAmen, la messe est dite.

  • Breakerz le jeudi 14 aout 2014 à 19:12

    Une chose est quasi certaine.....les français sont désormais immunisés du socialisme à la sauce PS, il est finalement la le "salut"

  • M488902 le jeudi 14 aout 2014 à 18:55

    Merci qui ? Les electeurs assez peu intelligents votant pour un loser officiel.

  • M7403983 le jeudi 14 aout 2014 à 18:17

    Le pire n'est jamais certain mais le rapport dette/pib atteindra les 100%, c'est bien parti pour cela. Il ne reste plus qu'à bruler un cierge afin de conjurer le sort (cad la mansuétude de nos créanciers) Perso, je n'y crois pas trop, mais au point où nous en sommes .... A moins que Hollande démissionne !!!

  • M7403983 le jeudi 14 aout 2014 à 18:08

    C'est le Miteux qui a commencé à nous mettre dans la mouise .... et depuis cette situation a prospéré, cela n'est pas le moindre des paradoxes !!!

  • frk987 le jeudi 14 aout 2014 à 18:03

    la note de la France sera dégradée d'au moins deux crans d'ici la fin d'année, en clair c'est au minimum 1% de hausse de taux et là, c'est l'explosion de l'Etat, la cessation de paiement.

  • M4145072 le jeudi 14 aout 2014 à 18:01

    Souvenons-nous que, ramenés au seul budget de l'état, les déficits annoncés correspondent à des dépenses supérieures de 20 % aux recettes ! Et cela dure depuis 25 ans... Tous nuls !

  • M1343167 le jeudi 14 aout 2014 à 17:58

    Je suis désolé, mais des fonctionnaires ne peuvent, ne savent pas gérer un pays, ils sont à l'ouest de TOUT, "incapable" est le mot adapté à cette situation !!! Depuis 1981 tout converge sur la nullité de ces élus.

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