La réforme, seule option pour Hollande en plein constat d'échec

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EN PLEIN CONSTAT D'ÉCHEC, FRANÇOIS HOLLANDE A POUR SEULE OPTION LA RÉFORME
EN PLEIN CONSTAT D'ÉCHEC, FRANÇOIS HOLLANDE A POUR SEULE OPTION LA RÉFORME

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Déficits, croissance, chômage, logement: François Hollande est contraint d'assumer à la moitié de son mandat un quadruple échec avec pour seule option, selon des économistes, d'accélérer le rythme de réformes impopulaires dans une partie de sa majorité.

L'abandon implicite, jeudi, de l'objectif de ramener les déficits publics à 3% du PIB en 2015 en raison d'une croissance nulle sonne, avec ceux de l'inversion de la courbe du chômage ou de la construction de 2,5 millions de logements pendant le quinquennat, le glas des engagements phares du président.

"Mieux vaut assumer ce qui est, plutôt que d'espérer ce qui ne sera pas", a résumé dans une tribune au Monde le ministre des Finances, Michel Sapin, laissé seul en première ligne, à la veille du week-end du 15 août, pour rendre compte devant l'opinion de l'impasse dans laquelle se trouve le gouvernement.

Le président et son Premier ministre prévoient de faire le point sur la situation économique vendredi au Fort de Brégançon, la résidence d'été du président dans le Var, mais n'ont pas prévu de s'exprimer sur ce revers.

Mais la réponse avait par avance été annoncée par Manuel Valls le 1er août lors d'un séminaire gouvernemental où il avait préparé l'opinion à de mauvaises nouvelles économiques.

"Réformer inlassablement", avait promis le Premier ministre, auquel ses partenaires européens et les milieux économiques demandent d'aller au-delà du pacte de responsabilité pour baisser plus fortement le coût du travail pour les entreprises.

"UN PROBLÈME MASSIF D'OFFRE"

"Les réformes structurelles doivent aller plus loin", a estimé jeudi le Medef dans un communiqué, réclamant notamment la révision des seuils de salariés au-delà desquels les entreprises se voient imposer des obligations sociales, une réforme prévue par le gouvernement mais rejetée par les syndicats.

Le gouvernement estime après publication des chiffres qu'ils rendent "d'autant plus pertinentes et nécessaires?" les réformes portant notamment sur les seuils sociaux, les professions réglementées ou encore le logement, selon l'entourage du Premier ministre.

"Les réformes sont indispensables, la majorité l'a compris", ajoute-t-on de même source, en réponse aux risques que font peser les frondeurs.

Pour Patrick Artus, "la croissance est bloquée par un problème massif d'offre", et une relance de gauche classique en faveur des ménages -réclamée par les "fondeurs" de la gauche du Parti socialiste- ne changerait pas la donne.

"On voit bien au deuxième trimestre que le soutien de la consommation profite aux importations et pas à la production domestique", tranche l'économiste de Natixis.

L'Europe campe quant à elle sur ses positions.

"C'est à travers des réformes, votées et mises en oeuvre, que les conditions d'une reprise durable pour la croissance et l'emploi seront posées en France", a dit jeudi un porte-parole de la Commission après la réduction de moitié, à 0,5%, de la prévision de croissance française pour 2014.

Manuel Valls prépare une tournée des capitales européennes à la rentrée, en commençant avec Angela Merkel en septembre, pour obtenir que la réduction des déficits puisse se faire en France à un rythme qui n'étouffe pas une activité encore balbutiante.

Il devra démontrer que la France a consenti les efforts structurels nécessaires pour reporter au-delà de 2015 l'objectif de ramener le déficit à 3%.

UN NOUVEAU DÉLAI MALVENU?

Il compte notamment sur le projet du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, de s'attaquer aux professions réglementées pour étayer la position de la France.

"Vu l'indulgence dont a fait traditionnellement preuve Bruxelles à l'égard de la France, on peut craindre que Paris obtienne un délai supplémentaire pour atteindre les 3%", estime Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque, qui craint que la France abandonne les réformes sitôt obtenu un nouveau délai.

"Sans pression forte de la part de l'Europe et ou des marchés financiers, la France ira à reculons dans les réformes", estime-t-il, alors que des certains économistes prédisent un avenir sombre s'il n'y a pas de changement de politique fort.

"Le chômage continuera de battre des records au moins jusqu'au printemps 2015", estime Marc Touati du cabinet ACDEFI pour qui la dette de la France atteindra 100% du PIB en 2015.

"En prévision de ce nouveau dépassement des objectifs de comptes publics, la note de la France sera dégradée d'au moins deux crans d'ici la fin d'année", prédit l'économiste, qui voit la crise de la dette revenir "en fanfare dès cet automne" et frapper la France.

(Avec Ingrid Melander, Jean-Baptiste Vey et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Yves Clarisse)

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  • M3366730 le vendredi 15 aout 2014 à 20:12

    Les bons économistes indiquent que la France ferait entre 60 et 100 milliards d'économies par an, non compris la remise en cause des régimes de retraite des fonctionnaires et régimes spéciaux ; il conviendrait également que soit remboursé par ces populations de retraités ce qui a été pris sur le fond de roulement de la CNAVTS et AGIRC/ARCCO (plusieurs dizaines de milliards).

  • rodde12 le vendredi 15 aout 2014 à 10:18

    Les dépenses publiques ne sont qu'annexes le problème c'est la disparition de nos entreprises et la suppression des postes et heures de travail. Les Français ne produisent et ne vendent rien comment voulez vous qu'ils paient leur administration " que le monde nous envie?"

  • M1310580 le jeudi 14 aout 2014 à 20:57

    destructeurs économiques en marche

  • M4661438 le jeudi 14 aout 2014 à 20:21

    il est urgent de s'attaquer à la dépense publique !

  • M3366730 le jeudi 14 aout 2014 à 20:06

    Pour s’attaquer aux déficits il faut en réformer l'état, les collectivités locale, régions, non remplacement d’une partie des fonctionnaires partant à la retraite, augmentation des cotisations salariales des fonctionnaires, des régimes spéciaux, des élus nationaux au titre de leur retraite (au moins 3% pour arriver à une équivalence en % avec le secteur privé) et en même temps une diminution en % de retraites de cette même population (fonctionnaires et régimes spéciaux), etc....

  • gl060670 le jeudi 14 aout 2014 à 19:54

    ouf les retraites,vieille rancœur !!!!! , il y quand même plus intelligent à faire que ça

  • M3366730 le jeudi 14 aout 2014 à 19:43

    Les bons économistes indiquent que la France ferait entre 60 et 100 milliards d'économies par an , non compris la remise en cause des régimes de retraite des fonctionnaires et régimes spéciaux ; il conviendrait également que soit remboursé par ces populations de retraités ce qui a été pris sur le fond de roulement de la CNAVTS et AGIRC/ARCCO (plusieurs dizaines de milliards).

  • sarestal le jeudi 14 aout 2014 à 19:40

    On garde le cap ! ça, c'est pas bon du tout !!Le challenge serait il d'avoir une dette à 100% du PIB ?

  • M3366730 le jeudi 14 aout 2014 à 19:39

    Ce n'est pas en réformant les professions réglementées que l'on s'attaquera aux déficits mais en réformant l'état, les collectivités locale, régions, augmentation des cotisations salariales des fonctionnaires, des régimes spéciaux, des élus nationaux au titre de leur retraite (au moins 3% pour arriver à une équivalence en % avec le secteur privé) et en même temps une diminution en % de retraites de cette même population (fonctionnaires et régimes spéciaux), etc....

  • M5062559 le jeudi 14 aout 2014 à 19:32

    les économistes français soit universitaires et fonctionnaires soit pour une faible partie payés par des banques en situation liées à l'état. En conséquence ils ne peuvent pas critiquer la gabegie de l'état.

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