La réforme des retraites sur le point d'être adoptée

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Le projet de loi passe ce lundi devant le Sénat et mercredi devant l'Assemblée nationale.

Dernier tour de piste pour la réforme des retraites. Le projet de loi du gouvernement pour «garantir l'avenir et la justice du système de retraites» arrive ce lundi pour un troisième et dernier vote au Sénat. La Haute Assemblée, où les socialistes ne peuvent obtenir la majorité sans les communistes, hostiles au texte, devrait selon toute vraisemblance le rejeter. Il devrait donc repasser une ultime fois devant ­l'Assemblée nationale mercredi pour y être adopté définitivement sous le regard attentif de la ministre des ­Affaires sociales, Marisol Touraine.

«La réforme que je propose a vocation à rééquilibrer durablement les comptes», avait déclaré fin août Jean-Marc Ayrault lors de la présentation du projet de loi. Hélas, le premier ministre devrait manquer son objectif. D'office, le gouvernement a visé trop bas pour atteindre sa cible. Il n'a eu pour ambition que de ­combler le seul déficit du régime de retraites de base du privé, qui s'élèverait à 7 milliards d'euros à l'horizon 2020, alors que le déficit total de tous les régimes est presque trois fois plus gros (20 milliards d'euros).

La réforme Ayrault ne comblera ainsi qu'à peine un dixième du trou des retraites du public, qui devrait s'élever à 8,6 milliards d'euros à la fin de la décennie. Les 90% restants seront donc épongés par le budget de l'État, ce qui viendra alimenter le déficit public ou amputer de fait les moyens attribués à l'éducation ou à la justice.

Pour s'attaquer au petit tiers du déficit des retraites qui correspond aux régimes de base du privé, l'exécutif a refusé d'user des «mesures d'âge» avant 2020. Pas de recul de la borne du départ à la retraite, ­repoussée en 2010 à 62 ans. Quant à l'allongement de la cotisation de 41,5 à 43 ans, elle sera étalée sur quinze ans, et seulement à partir de 2020.

Faute de jouer à moyen terme sur ces paramètres clés du système, le gouvernement a dû augmenter les prélèvements des entreprises et des salariés. Les cotisations patronales et salariales seront relevées de 0,3 point sur trois ans à partir de l'année prochaine. De quoi générer 4,6 milliards d'euros au total en 2020. Mais ce sont les retraités qui seront le plus mis à contribution. Leurs pensions seront gelées pendant six mois l'année ­prochaine, c'est-à-dire revalorisées le 1er octobre au lieu du 1er avril. La majoration de pension pour famille nombreuse sera aussi fiscalisée dès 2014.

«Compte pénibilité»

La note sera d'autant plus salée que la réforme instaure un nouveau dispositif coûteux: le «compte pénibilité». Ce dernier sera ouvert aux salariés exerçant dans des conditions difficiles et permettra d'accumuler des points en vue d'une formation pour reconversion ou d'un temps partiel subventionné. Il donnera surtout la possibilité de partir jusqu'à deux ans plus tôt à la retraite. Environ un salarié sur cinq pourrait y avoir droit. La facture - 500 millions d'euros en 2020, 2 milliards en 2030 - sera selon toute vraisemblance à la charge des entreprises.

Reste que tous ces chiffrages sont fondés sur des hypothèses économiques optimistes, et notamment une croissance de 1,6% en moyenne d'ici à 2020. Si les effets de la crise ont rendu nécessaire une nouvelle réforme trois ans après celle du gouvernement Fillon, il est plus que probable qu'il faudra se pencher à nouveau sur le problème des retraites avant 2020.

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  • roulio86 le lundi 16 déc 2013 à 10:15

    Quelle réforme, ils n'ont rien fait à part des taxes.......c'est n'importe quoi....