La réforme des APL fait consensus contre elle

le
3

CSF, CNL, CLCV... et maintenant le mouvement USH, qui regroupe 732 bailleurs sociaux. La volonté du gouvernement de prendre en compte le patrimoine pour fixer le montant des APL ne passe décidément pas.

La vague de contestation s’amplifie. Le mouvement HLM s’alarme à son tour de la volonté du gouvernement de prendre désormais en compte le patrimoine des ménages pour fixer le montant de leurs aides personnalisées au logement (APL) et dénonce une «mesure injuste et lourdement pénalisante pour les 650.000 foyers potentiellement concernés». Soit 10% des allocataires. Dans un communiqué mardi, l’Union sociale de l’habitat (USH) qui regroupe 732 bailleurs sociaux, «demande la modification du projet de décret» qui doit instaurer la prise en compte des Livrets d’épargne réglementée (Livret A, LDD, LEP) dans le calcul de l’APL.

«Cette mesure conduirait également à détériorer la simplicité attachée au fonctionnement des livrets d’épargne réglementée, support d’épargne le plus répandu», s’inquiète l’USH. En outre le projet de décret prévoit de faire entrer désormais les intérêts produits par les sommes placées sur un Livret A dans l’évaluation des revenus des personnes bénéficiant d’une aide au logement. Pour ce faire, le décret évalue ces intérêts «avec un taux de 3%, alors même que le taux du Livret n’est actuellement que de 0,75%», s’insurgent les bailleurs sociaux.

Épargner deviendrait pénalisant

Résultat, «le dispositif retenu peut se traduire pour les ménages bénéficiant de l’APL, c’est-à-dire des ménages modestes, par une baisse d’APL supérieure aux intérêts perçus» sur leurs économies placées sur un Livret A. «En définitive, détenir un Livret A se révélera plus pénalisant pour un ménage modeste que pour un ménage imposé à l’ISF!», note ironiquement l’USH, car ces derniers, eux, continueront à bénéficier comme auparavant, de ce placement défiscalisé.

Trois associations de défense des consommateurs, la Confédération syndicale des familles (CSF), la Confédération nationale du logement (CNL) et la CLCV (Consommation logement et cadre de vie) se sont élevées, ces derniers jours, contre ce projet de décret. Le texte a également reçu le 6 septembre un avis défavorable du conseil d’administration de la Cnaf (Caisse nationale d’allocations familiales), l’organisme qui verse les APL.

La loi de finances 2016 prévoit, pour enrayer la hausse constante des APL, première dépense de l’Etat sur le logement, de raboter 225 millions d’euros sur ces aides d’un montant total de 15,5 milliards.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.

Avertissement

Une erreur est survenue, merci de re-essayer ultérieurement.