La réforme de la SNCF à l'Assemblée malgré la grève

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LA RÉFORME DE LA SNCF PRÉSENTÉE À L'ASSEMBLÉE MALGRÉ LA GRÈVE
LA RÉFORME DE LA SNCF PRÉSENTÉE À L'ASSEMBLÉE MALGRÉ LA GRÈVE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a présenté mardi son projet de réforme ferroviaire à l'Assemblée nationale en dépit des appels de la CGT et de Sud-Rail à repousser l'examen du texte, au septième jour d'une grève des cheminots qui s'enlise.

Face à un exécutif inflexible, les syndicats grévistes ont manifesté à Paris et n'excluent pas de poursuivre la mobilisation jusqu'à la fin de la semaine, le temps de l'examen du texte. La grève a déjà été reconduite pour mercredi, a-t-on appris de sources syndicales.

"Le gouvernement est ouvert au dialogue, il pense que cette réforme est indispensable", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls lors des questions au gouvernement à l'Assemblée. "Il considère que le droit de grève est un droit constitutionnel qui ne peut pas être pris dans des conditions qui aujourd'hui sont incompréhensibles pour une grande majorité de nos concitoyens."

Des milliers de cheminots se sont rassemblés place des Invalides pour "faire pression sur les députés".

Ils ont été rejoints par le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon pour qui l'Etat et la SNCF "mentent" sur les objectifs de la réforme qui n'a pour but, selon lui, que de préparer l'entreprise à l'ouverture à la concurrence du rail.

"Si la politique de Manuel Valls, c'est de ne pas écouter ce que peuvent dire les salariés dans l'intérêt du service public ferroviaire, je pense qu'il prend un risque majeur", a-t-il dit.

A Lille, des cheminots ont occupé le hall de la mairie tandis qu'à Paris des grévistes ont occupé des voies de la gare Montparnasse, ce qui a provoqué une interruption du trafic.

Le conflit devient impopulaire à en croire un sondage Harris Interactive publié mardi par Le Parisien et montrant que 76% des Français condamnent la grève, qui a déjà coûté entre 80 et 100 millions d'euros à la SNCF, selon son président Guillaume Pepy.

Le gouvernement mise sur l'essoufflement du mouvement et la division syndicale.

Le taux de grévistes est tombé mardi à 14,1%, à peu près le même chiffre que lundi, contre 27,64% il y une semaine, selon la direction de l'entreprise, pour qui le trafic s'améliore de jour en jour. Sept trains sur dix en moyenne circulaient mardi sur les grandes lignes et six sur 10 sur les Trains express régionaux (TER).

REVENDICATIONS "HORS SUJET"

La mobilisation n'a pas eu d'incidence sur les épreuves du baccalauréat pour quelque 687.000 candidats, la SNCF ayant mis en place une assistance spécifique afin qu'ils ne pâtissent pas de retards ou d'annulations éventuels.

La SNCF a tenté de renouer le dialogue lundi en recevant les syndicats grévistes mais les discussions ont tourné court quand les syndicats ont voulu mettre sur la table des revendications salariales et la question de l'emploi.

Ces demandes ont été jugées "hors sujet" par la direction, au grand dam des syndicalistes du rail, qui refusent de désarmer en dépit des appels des syndicats réformistes comme la CFDT et l'Unsa, pour qui la concertation a eu lieu en amont.

Ces derniers ont signé un accord de modernisation formalisant les engagements du gouvernement à améliorer le texte par le biais d'amendements.

Les syndicats grévistes souhaitent un retour à la situation d'avant 1997, soit un seul établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 44 milliards d'euros par l'Etat.

Le projet de loi prévoit la création d'un groupe public industriel intégré nommé "SNCF" qui chapeauterait "SNCF Réseau", le gestionnaire d'infrastructure - l'actuel Réseau ferré de France (RFF) - et "SNCF Mobilités", qui exploitera les trains.

"Sans mise en oeuvre de la réforme, la dérive inéluctable de la dette ferroviaire pose la question de la pérennité même du système, elle passerait ainsi de 44 milliards en 2013 à plus de 80 mds en 2025", a dit Manuel Valls à l'Assemblée.

La réforme est soutenue par les socialistes, les radicaux de gauche et les écologistes. Le Front de gauche, opposé au texte en l'état, défendra une soixantaine d'amendements.

L'OPPOSITION DIVISÉE

L'opposition de droite est pour sa part divisée.

Le groupe UDI (centriste) est plutôt favorable à un vote positif. "Nous étions défavorables au texte initial mais il a considérablement évolué dans le bon sens en commission", a expliqué son porte-parole Jean-Christophe Lagarde. Le groupe UMP reste majoritairement opposé à la réforme, a dit Christian Jacob, mais plusieurs députés sont partisans d'une abstention voire d'un vote favorable comme Frédéric Lefebvre. L'examen des deux textes, une vingtaine d'articles sur lesquels ont été déposés quelque 400 amendements, doit durer jusqu'à jeudi soir. L'Assemblée se prononcera le 24 juin par un vote solennel et le Sénat devrait l'examiner à son tour en juillet au cours de la session extraordinaire du Parlement.

Le gouvernement ayant décidé d'utiliser la procédure dite "accélérée", qui réduit le nombre de navettes entre les deux assemblées, la réforme pourrait être adoptée définitivement avant la pause du mois d'août.

(Gérard Bon et Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • Urfee le mardi 17 juin 2014 à 16:11

    Et la prostate de Hollandouille, comment elle va ? Pas besoin d'un doigt dans le Kul, le p'tit gros ?

  • quibe le mardi 17 juin 2014 à 15:59

    Le peuple doit être solidaire des nantis !!!

  • quibe le mardi 17 juin 2014 à 15:10

    Si on peut partir en retraite à 45 ans, si on augmente nos salaires et si on paye double nos jours de grève, on pourrait se mettre au travail !!!

  • Termpro le mardi 17 juin 2014 à 14:51

    Mais qu'on vende la SNCF à la Grèce !!! et tous les cheminots avec, en cadeau, gratuit !!!

  • gb00b04 le mardi 17 juin 2014 à 14:47

    On ne voit pas de grevistes en gare... Ou sont-ils? Ils se font bien discrets.

  • M4960905 le mardi 17 juin 2014 à 14:09

    Il ne manquerait plus qu'une grève sans motif sérieux empêchât le Parlement de légiférer

  • benoitdh le mardi 17 juin 2014 à 12:12

    Les politiques sont à genoux devant un abus du droit de grève!