La réforme de l'immigration devant le Parlement danois

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    COPENHAGUE, 26 janvier (Reuters) - Les députés danois 
doivent adopter ce mardi un projet de loi sur l'immigration 
visant à dissuader les réfugiés de demander l'asile, dont une 
confiscation de leurs biens dépassant les 10.000 couronnes 
danoises (1.340 euros) pour participer au financement de leur 
séjour. 
    Le projet prévoit aussi de repousser à trois ans le délai 
préalable au regroupement familial. 
    L'an passé, le Danemark a enregistré l'arrivée de 20.000 
réfugiés, du jamais vu dans l'histoire du pays. 
    Le texte présenté par le gouvernement de centre droit de 
Lars Løkke Rasmussen autorise les pouvoirs publics à saisir les 
avoirs des réfugiés au-delà de 10.000 couronnes danoises (1.340 
euros). Les objets à forte valeur sentimentale, comme les 
alliances, sont exclus du champ d'application de cette 
disposition très controversée. 
    La version initiale du projet fixait le seuil à 3.000 
couronnes. Face aux critiques des organisations de défense des 
droits de l'homme et d'agences internationales dont le HCR, le 
gouvernement l'a relevé. 
    Le Parti libéral, qui a remporté les élections législatives 
de juin, ne dispose que de 34 sièges sur les 179 du Parlement. 
Mais il devrait obtenir le soutien de divers partis de droite 
dont le Parti populaire danois (DF), une formation xénophobe, 
ainsi que des sociaux-démocrates (opposition), dont la plupart 
des députés devraient voter en faveur de la réforme. 
    Le Danemark n'est pas le seul pays à vouloir appliquer cette 
disposition: la Suisse a commencé à prélever les avoirs des 
réfugiés au-delà d'un seuil de 1.000 francs suisses (900 euros). 
Dans le land allemand du Bade-Wurtemberg, la limite est fixée à 
350 euros. 
    L'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a 
critiqué ces confiscations que le nouveau Haut Commissaire, le 
diplomate italien Filippo Grandi, qualifie d'"affront à la 
dignité" des réfugiés et de "réponse profondément préoccupante à 
leurs besoins humanitaires". (voir  IFD:nL8N14R2ZO ) 
    Le Conseil de l'Europe a également fait part de son 
inquiétude.     
    "La plupart (des réfugiés) ont tout perdu et pourtant cette 
loi semble dire que les quelques réfugiés qui ont eu la chance 
de survivre au voyage vers le Danemark avec leurs derniers biens 
n'ont pas assez perdu", s'est émue la semaine dernière la 
présidente de la commission des Droits de l'homme de l'Assemblée 
parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la 
coopération en Europe (OSCE), la Portugaise Isabel Santos. 
    "Ce n'est certainement pas le Danemark tel que je le 
connais", a-t-elle ajouté, appelant les députés danois à un 
"examen de conscience". 
 
 (Alexander Tange avec Annabella Pultz; Henri-Pierre André pour 
le service français) 
 
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