La Redoute-Un projet d'accord soumis aux salariés

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PROJET D'ACCORD SUR LES MODALITÉS DU PLAN SOCIAL À LA REDOUTE
PROJET D'ACCORD SUR LES MODALITÉS DU PLAN SOCIAL À LA REDOUTE

par Pierre Savary

LILLE (Reuters) - Un protocole d'accord sur les modalités du plan social à La Redoute est soumis aux salariés de l'ex-filiale de Kering après une dernière séance de négociations lundi, la direction ayant donné jusqu'à jeudi soir aux représentants syndicaux pour une signature.

Lors d'un premier vote, mardi midi sur le site de La Martinoire, à Wattrelos (Nord), une majorité des quelque 300 salariés présents ont voté contre le projet et ont décidé de mener de nouvelles actions, a-t-on appris auprès du délégué CGT Fabrice Peeters.

"Nous l'avions dit dans la nuit, dès connaissance des propositions de la direction, c?est largement insuffisant", a-t-il dit à Reuters. "Les salariés ont voté pour de nouvelles actions, nous allons entrer dans le dur et nous exigeons de nouvelles négociations sur nos bases de discussions."

Kering a cédé La Redoute en décembre pour un euro symbolique à deux dirigeants de la société de vente par correspondance, Nathalie Balla et Eric Courteille. La nouvelle direction a annoncé la suppression de 1.178 postes, avec des départs étalés sur quatre ans et un maximum de 700 départs contraints.

La direction a précisé mardi matin qu'elle proposait une indemnité minimale de départ volontaire de 20.000 euros. S'y ajoute une majoration de 750 euros par année d'ancienneté pour les salariés ayant jusqu'à dix ans de présence dans l'entreprise, 1.000 euros par an de la 11e à la 20e année, 1.200 euros par an à partir de la 20e année. La direction propose en plus un mois de salaire pour les 50-54 ans, et deux mois pour les 55 ans et plus.

Les syndicats réclamaient une indemnité de base de 40.000 euros et 1.500 euros par année d'ancienneté. A l'issue des discussions, qui se sont prolongées tard dans la nuit, des représentants syndicaux ont jugé le projet insuffisant. "Nous sommes loin du compte, ce n'est pas acceptable en l'état", a déclaré le responsable CGT Fabrice Peeters.

Le groupe Kering a de son côté accepté de consacrer 180 millions d'euros aux mesures sociales.

"Le projet, son financement à hauteur de 315 millions d'euros, la sécurisation des mesures sociales de 180 millions d'euros ainsi que les équipes sont autant de moyens pour assurer l'avenir de La Redoute", assure la direction dans un communiqué.

Elle fait valoir que le plafond de l'indemnité est ainsi augmenté de 24 à 30 mois, hors majorations d'âge, pour tenir compte des salariés à l'ancienneté la plus élevée, et que l'allocation mensuelle du congé de reclassement a été portée de 75% à 80%.

"UNE SORTIE POSSIBLE"

"La proposition d'accompagnement social du projet de cession est désormais arrêtée sous réserve de la signature de l'accord par les organisations syndicales d'ici jeudi soir et de l'absence de tout blocage", ajoute la direction.

L'avocat des salariés, Me Mario Califano, a parlé d'avancées.

"L'une des avancées les plus significatives, c'est que le groupe Kering accepte de consacrer 180 millions d'euros aux mesures sociales et que si cet argent n'est pas entièrement utilisé pour les premières mesures d'adhésion, il sera conservé pour financer d'autres mesures ultérieures", a-t-il dit mardi matin à Reuters. "On est arrivés à un niveau d'évolution des discussions qui sans être satisfaisant peut permettre aux salariés de considérer que leur avenir n'est pas trop noir, on a une sortie de négociations possible", a-t-il ajouté.

Des salariés ont organisé régulièrement des blocages des sites de La Redoute ces dernières semaines à l'appui de leurs revendications. Lundi soir, pendant la négociation, ils ont bloqué la plate-forme de distribution de la société, sur le site de La Martinoire.

(Avec Dominique Rodriguez)

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