La recul de l'euro, des matières premières peu intégré en Bourse

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La recul de l'euro, des matières premières peu intégré en Bourse
La recul de l'euro, des matières premières peu intégré en Bourse

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - La baisse conjuguée de l'euro face au dollar et des cours des matières premières depuis fin avril offre d'importantes opportunités d'investissement, qui n'ont pas encore été saisies compte tenu des incertitudes sur la croissance mondiale et l'avenir de la zone euro, estiment gérants et analystes.

Ces derniers soulignent cependant la "bouffée d'oxygène" que constituent à terme les baisses de l'euro et du prix du pétrole pour le pouvoir d'achat et les marges des entreprises parvenant à exporter en dehors de l'Europe.

Les valeurs technologiques, les médias, les groupes industriels spécialisés dans l'aéronautique ou les biens de consommation et le secteur pharmaceutique devraient ainsi devenir les principaux gagnants d'un euro tombé à 1,25 dollar et d'un baril de pétrole passé sous les 100 dollars.

"L'impact en théorie positif de la baisse de l'euro et des matières premières sur les résultats des entreprises européennes n'a pas été pris en compte par le marché, qui anticipe une croissance nulle des bénéfices par action. Or, les résultats devraient être bons au deuxième trimestre", commente Emmanuel Morano, responsable de la gestion Actions de La Française AM.

Pour l'heure, les investisseurs préfèrent attendre, la crise en zone euro ayant fait grimper le degré d'incertitude et la volatilité sur les marchés financiers, l'indice de volatilité de l'Euro Stoxx et celui de l'incertitude politique mesuré par Scott Ross Baker, Nick Bloom et Steven J. Davis renouant au début du mois avec leur niveau de fin 2011.

IMPACT SUR LE RÉSULTAT D'EXPLOITATION

Selon la Société générale, en l'absence de couverture de change, une baisse de 10% de l'euro face au billet vert se traduit par une hausse théorique de l'ordre de 40% pour l'Ebit (résultat d'exploitation) d'EADS et de Safran, de 15% pour Alstom ou de 9% pour LVMH et Total.

Malgré 58% de son chiffre d'affaires générés en dehors de l'Europe, EADS affiche un recul de 10% en Bourse depuis fin avril, LVMH, qui réalise 70% de son activité en dehors des frontières européennes, perd 5% et Sanofi (73% de son chiffre d'affaires hors Europe) cède 4%.

Seuls, Essilor (+10%), Alcatel-Lucent (+5%) ou Lafarge (+4%), avec plus de la moitié de leurs ventes réalisées en dehors de l'Europe, ont pris des couleurs en Bourse depuis un mois et demi, pendant que le CAC 40 recule de plus de 5%.

"Au niveau géographique, l'Italie est la grande gagnante mais la France un peu moins, car la qualité de ses produits est coincée entre ceux du haut de gamme allemand et les produits italiens", estime Franz Wenzel, Directeur de la recherche de Stratégie d'investissement chez Axa Investment Managers.

"La France détient un très gros avantage concurrentiel dans l'aéronautique et les biens de consommation, mais elle est en revanche moins forte dans le secteur industriel au sens large, notamment dans l'automobile", ajoute-t-il.

Porté par son statut de valeur refuge, le dollar s'est apprécié de 5% depuis fin avril face à un panier de devises et l'euro ne s'échange plus désormais qu'autour de 1,25 dollar contre 1,3240 dollar à fin avril.

Dans le sillage de l'appréciation du billet vert, les cours du cuivre ont reculé de près de 12% et ceux du baril de brut américain de 22% à 82 dollars alors qu'il valait encore près de 105 dollars début mai.

Avec Juliette Rouillon, édité par Jean-Michel Bélot

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