La reconstruction du système de santé syrien estimée à $8 mlds

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    * Plus de 90% de médecins ont fui le conflit 
    * 330 centres sanitaires détruits depuis 2012 
    * Épidémies en hausse 
 
    PARIS, 27 janvier (Reuters) - La reconstruction du système 
de santé syrien, éprouvé par près de cinq ans de conflit et la 
fuite des médecins, nécessiterait plus de huit milliards de 
dollars d'investissements, a estimé mercredi l'UOSSM, un vaste 
réseau de médecins syriens.  
    "Nous avons besoin de huit milliards de dollars pour 
reconstruire le système de santé en Syrie", a dit Oubaida Al 
Moufti, président de l'Union des organisations de secours et 
soins médicaux pour la France lors d'une conférence de presse. 
    "Les ONG présentes sur le terrain assistent à une 
dégradation continue de la situation", a-t-il souligné à Paris, 
faisant état de 112 attaques ciblées contre des centres de santé 
en 2015 et de la prolifération d'épidémies comme la polio.  
    Sur le terrain, la situation, qualifiée de "plus grande 
crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale" par la 
Commission européenne, est critique. 
    Quelque 11,5 millions de Syriens sur les 13,5 millions  
vivant dans les zones non contrôlées par le gouvernement 
auraient besoin d'une prise en charge médicale.  
    "Avant le conflit, le système de santé en Syrie était  
équivalent à un système de santé d'un pays moyen en voie de 
développement", a souligné le médecin Munzer el Khalil, 
responsable du directorat de santé d'Idlib. 
    "Ce système a connu un effondrement total dans les zones non 
contrôlées par le gouvernement syrien", a-t-il ajouté. Résultat, 
l'espérance de vie est passée de 75 ans avant la guerre à 55,7 
actuellement et le nombre de morts augmente en raison des 
épidémies qui refont leur apparition dans le pays faute de 
campagne de prévention et de vaccination.  
     
    PÉNURIE DE MÉDECINS     
    A cette question sanitaire s'ajoute la pénurie de médecins. 
    Depuis le début du conflit mi-mars 2015, ils sont plus de 
90% à avoir fui le pays et à avoir été remplacés souvent au pied 
levé par des étudiants ou des "personnes de bonne volonté".  
    "Aujourd'hui, on a une moyenne de perte d'un cadre médical 
par jour. Si on n'arrive pas à redresser la barre, on va perdre 
tout le système de santé en Syrie", a prévenu Munzer el Khalil, 
dont les propos en arabe ont été traduits. "L'urgence 
principale, au-delà de la reconstruction de système de santé, 
c'est reconstruire le système de l'enseignement médical."  
    Malgré les appels à un cessez-le-feu, les bombardements de 
centres de santé se poursuivent.  
    Entre août 2012 et décembre 2015, 330 structures sanitaires 
- dont 177 hôpitaux - ont été détruites par des attaques ciblées 
et 697 médecins, pharmaciens, dentistes, infirmiers et autres 
personnels de santé ont été tués, selon l'UOSSM.       
    "90% des destructions des hôpitaux et des attaques menées 
contre le personnel de santé sont réalisés par l'armée syrienne 
ou par ses alliés", indique Geneviève Garrigos, présidente 
d'Amnesty International France.  
    "Les aspects humanitaires, que ce soit en termes de 
bombardements, de levée de siège et d'accès à l'aide sont 
essentiels et doivent être traités en priorité" lors des 
négociations qui doivent s'ouvrir vendredi à Genève entre 
opposition et régime, ajoute-t-elle.  
    La question humanitaire en Syrie est l'un des points qui 
bloquent encore la tenue de ces pourparlers, l'opposition 
syrienne ayant conditionné entre autres sa participation à 
l'arrêt des bombardements sur les zones civiles  ID:nL8N15B2W7 . 
  
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • delapor4 le jeudi 28 jan 2016 à 01:34

    La France soutient les assassinats depuis cinq ans, va-t-elle encore raquer pour ressusciter les morts?