La récolte de blé argentine sera-t-elle compromise ?

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Commodesk - Avec les pluies qui ont inondé la province de Buenos-Aires, la récolte de blé argentine 2012-2013 pourrait être moins élevée que prévu initialement, selon le ministère de l'Agriculture.

La moisson pourrait être en retrait de 17% par rapport à l'an dernier, à 11,5 millions de tonnes, chiffre qui correspond aussi à la prévision de l'USDA. Le ministère table sur la perte d'un million d'hectares de blé sous les eaux, un chiffre revu à la baisse par rapport aux précédentes estimations.

« L'effet Nina ne menace pas vraiment la récolte, conteste Javier Grimau, économiste agricole argentin. Comme il n'y a pas eu de pluies excessives ces 30 derniers jours, les zones durablement inondées ne dépasseraient pas 100.000 hectares. »

Il explique que plus de 50% du blé argentin est semé dans les provinces sud-est et sud-ouest de Buenos-Aires, tandis que les pertes se situent à l'ouest et au centre de la province. Les blés affectés ne représenteraient pas plus de 5% du total.

Les surfaces emblavées sont les plus basses jamais enregistrées, autour de 3,6 millions d'hectares, rappelle Javier Grimau. Le report s'est fait du blé vers l'orge, avec 1,5 million d'hectares semés. Les arbitrages entre blé, orge ou soja sont essentiellement dictés par les réalités économiques et les perspectives de commercialisation des céréales ou des oléagineux.

Sachant que 13,2 millions de tonnes de blé avaient été récoltées en Argentine en 2011-2012 pour des surfaces 20% plus élevées (4,6 millions d'hectares), à conditions climatiques égales, la récolte devrait être cette année plus proche de 10,25 millions de tonnes.

Les tempêtes de septembre ont perturbé l'épiaison (gonflement des épis), et dans les zones affectées, si l'humidité se maintient, la pourriture pourrait amenuiser les rendements céréaliers, souligne notre spécialiste. Trop d'eau nuit également à la qualité des céréales et à leur teneur en protéines, élément clé pour la passation des marchés.

Dans un contexte tendu, moins de blé sur le marché n'est pas forcément une mauvaise situation en termes de revenus pour les producteurs, sous réserve que la qualité soit au rendez-vous. Mais le marché du blé argentin est trop opaque pour escompter des prévisions fiables, avertit Javier Grimau.

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