La recherche sur les embryons divise l'Assemblée

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LES DÉPUTÉS DIVISÉS AU SUJET DE LA RECHERCHE SUR LES EMBRYONS
LES DÉPUTÉS DIVISÉS AU SUJET DE LA RECHERCHE SUR LES EMBRYONS

PARIS (Reuters) - Majorité et opposition ont croisé le fer jeudi à l'Assemblée nationale pour savoir s'il convenait ou non d'autoriser sous certaines conditions la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires en France.

L'article 41 de la loi du 7 juillet 2011 prévoit une interdiction de la recherche sur les embryons mais assortie de dérogations accordées par l'Agence de biomédecine.

Les radicaux de gauche proposent de passer d'un régime "d'interdiction assorti de dérogations" à un régime "d'autorisation encadrée" de la recherche sur l'embryon.

Si l'ensemble des groupes de gauche et le gouvernement sont favorables à ce projet, l'opposition et notamment l'UMP y sont hostiles. La proposition de loi a été adoptée par le Sénat le 5 décembre et le groupe Radical de gauche de l'Assemblée l'a repris jeudi dans le cadre d'une séance lui étant consacrée.

Le texte définit quatre conditions afin qu'un protocole de recherche soit autorisé par l'Agence de biomédecine.

Il s'agit de "la pertinence scientifique de la recherche", la "finalité médicale", la recherche ne pouvant "être menée sans recourir à ces embryons ou ces cellules souches embryonnaires" et enfin le respect des "principes éthiques".

Si l'Assemblée parvenait à achever son examen et s'il était voté mardi prochain -la gauche détenant la majorité absolue- la proposition de loi serait alors définitivement adoptée par le Parlement, la majorité ayant refusé tout amendement.

Mais le texte étant examiné dans le cadre d'une "niche" parlementaire accordée aux différents groupes, la séance sera automatiquement levée à 01h00 dans la nuit de jeudi à vendredi.

Son examen pourrait donc ne pas s'achever du fait des quelque 300 amendements et diverses motions de procédure déposés par l'opposition et ne pas être soumis à un vote solennel mardi. Il faudrait donc que le groupe des radicaux de gauche le réinscrive dans une autre "niche", à moins que le gouvernement où le groupe PS ne le reprenne à son compte.

"Ce texte est très mal venu pour des raisons à la fois juridiques, scientifiques et éthiques", a déclaré l'UMP Philippe Gosselin. "Il nous paraît hasardeux aujourd'hui d'ouvrir la porte, lors d'un débat en catimini, à des recherches qui pourraient, à terme, amener le clonage et d'autres éléments de ce type", a ajouté l'élu UMP.

La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, a apporté le soutien du gouvernement à un texte qui, a-t-elle dit, "permet en clarifiant le régime juridique de la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires de concilier l'éthique et la liberté de la recherche".

Emile Picy, édité par Gilles Trequesser

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  • M8869453 le jeudi 28 mar 2013 à 20:36

    On ne voit pas ce qu'il y a d'éthique à utiliser des embryons humains, c'est-à-dire des êtres humains, pour faire des expériences fussent-elles médicales !