La réaction de l'équipage en cause pour le crash d'Air Algérie

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 (Actualisé avec rapport BEA) 
    BAMAKO, 22 avril (Reuters) - Le rapport final d'enquête sur 
l'accident de l'avion d'Air Algérie qui a fait 116 morts, dont 
54 Français, le 24 juillet 2014 au Mali confirme qu'un problème 
de givrage et l'absence de réaction de l'équipage est à 
l'origine du crash.  
    L'accident résulte de la combinaison de l'obstruction des 
capteurs de pression, "vraisemblablement par des cristaux de 
glace", mais, surtout de la "non activation des systèmes 
d'antigivrage par l'équipage", indique le document.  
    Le Bureau d'enquête et d'analyses (BEA) français met 
également en cause "l'absence de réaction de l'équipage" à la 
diminution de vitesse de l'appareil, à la transmission de 
valeurs erronées sur la poussée, et à l'alarme de décrochage. 
    Autre grief: "l'absence d'actions adaptées de l'équipage sur 
les commandes de vol pour sortir d'une situation de décrochage". 
    Le givrage des capteurs entraîne une transmission 
d'informations erronées au pilote automatique, qui limite la 
poussée des moteurs et provoque donc un ralentissement de 
l'appareil, qui finit par décrocher. 
    Une première analyse du BEA diffusée en avril dernier 
montrait que l'équipage n'avait pas activé le système de 
protection contre le givre des capteurs de pression et que 
ceux-ci avaient dysfonctionné. 
     
    DES RECOMMANDATIONS 
    L'avion, en prenant de l'altitude, a essayé "de contourner 
une zone orageuse" et a pu malgré tout "atteindre sa vitesse de 
croisière et le niveau de vol requis", avait auparavant expliqué 
le ministre malien des Transports, Mamadou Achim Koumaré, à 
l'issue de la cérémonie de présentation du rapport à Bamako. 
    "Mais dans les zones de turbulence, il y a souvent du 
givrage, et il y a eu un givrage au niveau des moteurs de 
l'avion, ce qui fait qu'il n'y a pas assez de poussée pour qu'il 
continue", a-t-il souligné. 
    "C'est à ce moment-là que l'avion a fait un virage à gauche 
et a plongé. Il s'est révélé que le système d'anti-givrage n'à 
pas totalement fonctionné", a-t-il ajouté. 
    L'avion d'Air Algérie, un McDonnel Douglas MD-83 qui reliait 
Ouagadougou à Alger, avait chuté à grande vitesse environ une 
demi-heure après le décollage et s'était désintégré en touchant 
le sol. 
    La commission d'enquête du Mali et le BEA avaient adressé en 
juillet 2015 trois recommandations de sécurité portant sur 
l'information des équipages sur le risque de givrage des 
capteurs. 
    Le rapport final fait dix recommandations supplémentaires de 
sécurité, dont l'étude d'un système d'antigivrage permanent des 
capteurs sur le MD80 et la modification des critères 
d'activation de ces systèmes sur ce type d'appareil. 
    Le BEA prône également l'information et l'entraînement des 
équipages sur les particularités du décrochage en croisière du 
MD80 et l'étude d'une modification du pilote automatique pour 
qu'il se déconnecte à l'approche du décrochage.        
 
 (Tiemoko Diallo, avec Gérard Bon à Paris, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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