La RDC déclare une épidémie de fièvre jaune, 1.000 cas suspects

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 (Actualisé avec détails, commentaires de l'OMS) 
    KINSHASA, 21 juin (Reuters) - Les autorités de République 
démocratique du Congo (RDC) ont déclaré lundi une épidémie de 
fièvre jaune dans trois provinces du pays dont la capitale 
Kinshasa après confirmation de 67 cas et quelque 1.000 cas 
suspects actuellement sous surveillance  
    "Je déclare aujourd'hui une épidémie localisée de fièvre 
jaune dans les provinces de Kinshasa, de Kongo Central et de 
Kwango", a annoncé le ministre de la Santé, Félix Kabange.  
    Il a déclaré que 58 des cas confirmés avaient été importés 
d'Angola, d'où est partie l'épidémie, et que sept autres étaient 
des cas autochtones. 
    Les deux derniers cas sont originaires de régions 
forestières isolées et n'ont pas de rapport avec la souche 
actuelle du virus.  
    Cinq cas se sont révélés mortels, a précisé le ministre de 
la Santé.   
    Kinshasa, avec ses plus de 12 millions d'habitants et ses 
services de santé défaillants, est la principale source de 
préoccupation pour les autorités.  
    La fièvre jaune est une maladie hémorragique aiguë transmise 
par des moustiques infectés, de la même espèce que ceux qui 
transmettent la dingue ou le virus Zika. Mais les conséquences 
sont plus graves pour les patients. Le terme "jaune" fait 
référence à la jaunisse présentée par certains patients. 
    Le stock mondial des vaccins a déjà été fortement réduit à 
deux reprises cette année pour immuniser des personnes en 
Angola, en Ouganda et en RDC. Ce stock est actuellement de six 
millions de doses, mais ce total pourrait être insuffisant s'il 
y a plusieurs épidémies en même temps dans des zones fortement 
peuplées, ont souligné des experts. 
    Depuis le début de l'année, près de 18 millions de doses ont 
été distribuées en Angola, en Ouganda et en RDC pour des 
campagnes de vaccinations d'urgence.  
    Selon les méthodes actuelles, la fabrication de vaccins, 
notamment à base d'oeufs de poule, prend un an. 
    Les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont 
recommandé l'administration d'un cinquième de la dose standard 
du vaccin en cas de pénurie mondiale - une quantité suffisante 
pour une immunité temporaire mais insuffisante pour une 
immunisation à vie. 
    "Une épidémie dans une grande ville (de la taill de 
Kinshasa) est toujours difficile à traiter", a déclaré Yokouide 
Allaranger, représentant de l'OMS au Congo. 
    L'épidémie de fièvre jaune intervient dans un moment de 
tension en République démocratique du Congo, où l'approche 
d'échéances électorales et une crise économique provoquée par le 
bas niveau des matières premières mettent à mal la stabilité du 
pays. 
    L'opposition et de nombreuses associations ont appelé à 
manifester contre l'arrêt rendu le 11 mai par la plus haute 
juridiction du pays autorisant le président Joseph Kabila à se 
maintenir au-delà de la fin de son mandat si les élections de 
novembre ne peuvent avoir lieu, ce que le gouvernement juge 
probable en raison de problèmes budgétaires et logistiques. 
 ID:nL5N1885TG  
    Fin mai, des heurts entre manifestants et forces de l'ordre 
ont fait deux morts, dont un policier, à Goma, dans l'est de la 
RDC, lors d'un rassemblement contre le probable report des 
élections législatives et présidentielle de novembre. 
 ID:nL8N19C2QE  
 
 (Aaron Ross, Tim Cocks, Jean-Stéphane Brosse et Benoît Van 
Overstraeten pour le service français) 
 
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