La question grecque préoccupe les patrons allemands-Ifo

le , mis à jour à 13:19
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(Actualisé avec des précisions, citation, contexte) par Michelle Martin BERLIN, 24 juin (Reuters) - Les entreprises allemandes ont subi en juin un deuxième coup au moral, au vu de l'indice de l'institut Ifo publié mercredi qui laisse penser que la question grecque contrarie l'humeur des chefs d'entreprise de la première économie européenne. L'indice Ifo, calculé à partir d'un échantillon de 7.000 entreprises, a fléchi à 107,4 en juin contre 108,5 confirmé en mai, au plus bas depuis février. Le consensus Reuters le donnait à 108,1, les prévisions variant de 107,5 à 109,0. "La grande question en Allemagne, à savoir la crise grecque et la crainte d'un 'Grexit', touche aussi les entreprises allemandes en définitive", constate Carsten Brzeski, économiste d'ING. "Toutefois, ces craintes ne devraient pas encore avoir d'impact négatif sur l'économie". La Grèce a un besoin urgent de trésorerie pour éviter d'être en situation de défaut de paiement sur des échéances du Fonds monétaire international (FMI) la semaine prochaine. La crainte d'un défaut provoque des retraits massifs aux guichets des banques grecques, qui ne doivent leur survie qu'aux liquidités d'urgence que leur fournit la Banque centrale européenne (BCE) par l'intermédiaire de la banque centrale locale. ID:nL8N0ZA1G7 Klaus Wohlrabe, économiste de l'Ifo, observe que la crise grecque n'a encore aucune incidence sur les commandes mais elle est cause d'incertitude. La croissance de l'Allemagne a ralenti à 0,3% au premier trimestre mais nombre d'économistes anticipent un bien meilleur chiffre au deuxième trimestre au vu des derniers indicateurs économiques qui montrent une hausse des commandes, de la production, des exportations et des ventes au détail. Le ministère des Finances allemand a dit lundi dernier que l'économie allemande avait bien commencé le deuxième trimestre et que les données économiques confirmaient son mouvement ascendant. Le rapport de l'Ifo montre par ailleurs que les entreprises allemandes sont moins confiantes pour leur situation du moment qu'elles ne l'étaient en mai et qu'elles étaient également plus pessimistes pour leur avenir à un horizon de six mois. Le sentiment s'est altéré dans le secteur manufacturier et dans le commerce de gros et de détail mais il s'est au contraire amélioré dans le bâtiment. L'Ifo avait révisé en hausse sa prévision de croissance de l'Allemagne la semaine dernière, anticipant 1,9% de croissance cette année, alors qu'il ne projetait que 1,5% en décembre, grâce au dynamisme des dépenses des ménages s'appuyant sur un chômage qui n'a jamais été aussi bas. Wohlrabe pour sa part projette 0,6% de croissance au deuxième trimestre et 0,4% le trimestre suivant. Tableau: ID:nB4N0XP00B (Avec Jörn Poltz, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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