La question grecque fait plonger Wall Street

le , mis à jour à 22:33
0
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Sweta Singh et Sinead Carew

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a terminé en forte baisse dans des échanges fournis lundi, à l'instar des autres places de la planète, en réaction à l'évolution négative du dossier grec et à ses répercussions possibles sur l'Europe si la Grèce venait à faire défaut et à sortir purement et simplement de la zone euro.

La Grèce se préparait lundi à un référendum sur le projet d'accord refusé par son gouvernement sans espoir de nouvelles propositions de la part de ses créanciers. Les Grecs, qui ont trouvé leurs banques fermées pour la semaine, même si certaines rouvriront jeudi pour le versement des retraites, voteront dimanche.

Un haut fonctionnaire grec a par ailleurs dit qu'Athènes ne rembourserait pas mardi une échéance de 1,6 milliard d'euros due au Fonds monétaire international (FMI).

Enfin, Standard & Poor's Ratings Services a annoncé lundi abaisser la note souveraine de la Grèce de CCC à CCC- et dit que la probabilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro était à présent de l'ordre de 50%.

"Il n'y a aucun mécanisme d'éjection de l'Union européenne; cela ne s'est jamais produit", a dit Brian Battle (Performance Trust Capital Partners). "Quand on ne sait pas ce qui peut arriver, on vend et on se met sur la touche."

La Grèce a une petite économie et les entreprises américaines y sont peu exposées. Il en irait tout autrement avec les répercussions dans l'ensemble de l'Europe d'une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro.

L'indice Standard & Poor's 500 a perdu 43,85 points (2,09%) à 2.057,64, sa première perte de 2% depuis le 9 octobre 2014. Le Nasdaq Composite a cédé 122,04 points (2,4%) à 4.958,47, sa plus forte perte en pourcentage depuis le 10 avril 2014. L'indice Dow Jones a abandonné 350,33 points (1,95%) à 17.596,35.

Le marché a été très instable, en témoigne un indice de la volatilité du CBOE qui a bondi de 34,45%, soit de 4,83 points, à 18,85, sa plus forte variation en points depuis le 15 avril 2013. Même si cet indice dit "de la peur" reste en dessous de la moyenne historique de 20, il n'en est pas moins au plus haut depuis début mai.

Le fonds indiciel Global X FTSE Greece, qui suit l'évolution de la Bourse d'Athènes, a cédé plus de 20%.

La forte baisse des places chinoises et européennes - ces dernières subissant leur perte la plus forte depuis 2011 - ce même lundi, en dépit d'une détente monétaire inattendue, n'a fait qu'ajouter à l'incertitude ambiante.

Les traders estiment que les places américaines risquent d'aggraver leurs pertes car un fort recul de l'euro qui serait imputable à la crise grecque désavantagerait les entreprises américaines à l'exportation.

Enfin, les interrogations sur la capacité de Porto Rico à rembourser sa dette ont également pesé sur le sentiment boursier.

Les investisseurs américains sont par ailleurs très attentifs aux indicateurs économiques car ils peuvent donner des indices sur le calendrier du futur resserrement monétaire de la Réserve fédérale.

Ce lundi, ce sont les promesses de vente immobilières sur lesquelles ils se sont penchés, ces dernières ayant augmenté un cinquième mois consécutif pour atteindre leur plus haut niveau en plus de neuf ans.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant