La question du déficit 2014 de la Grèce essentiellement résolue

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LA QUESTION DU DÉFICIT 2014 DE LA GRÈCE ESSENTIELLEMENT RÉSOLUE
LA QUESTION DU DÉFICIT 2014 DE LA GRÈCE ESSENTIELLEMENT RÉSOLUE

par Karolina Tagaris et Lefteris Papadimas et Jan Strupczewski

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - La Grèce et ses bailleurs de fonds ont pour l'essentiel aplani leurs divergences concernant le déficit budgétaire potentiel de 2014, ôtant ainsi l'un des principaux obstacles à la reprise des discussions en vue du déblocage d'une nouvelle aide, ont déclaré mardi deux sources proches du dossier.

Le dernier examen des progrès accomplis par la Grèce dans le cadre de son renflouement par la "troïka" (Fonds monétaire international, Commission européenne, Banque centrale européenne) bute depuis septembre sur la question des moyens dégagés par Athènes pour combler le déficit budgétaire de cette année, estimé à un milliard d'euros.

Ce n'est plus le principal problème grâce à l'annonce d'un excédent budgétaire inattendu en 2013, ont ajouté les deux sources.

Une troisième source a toutefois prévenu qu'il était prématuré de dire que la question était complètement résolue dans la mesure toutes les données de 2013 ne sont pas encore disponibles. La Grèce compte publier un excédent primaire, soit hors service de la dette, d'un milliard d'euros sur cette année-là mais la confirmation officielle n'interviendra qu'en avril.

Les parties doivent encore s'entendre sur les modalités des tests de résistance bancaires, sur les réformes structurelles et sur les incidences d'une décision de justice revenant sur certaines réduction salariales exigées par la troïka avant le déblocage de 4,9 milliards d'euros de prêts, ont encore dit les sources.

"L'image que nous avons c'est que la question du déficit budgétaire de 2014 est pratiquement résolue", a dit un haut fonctionnaire grec aux Finances.

Un second haut fonctionnaire a confirmé cela, ajoutant que les discussions portaient à présent sur l'évaluation d'un nouveau déficit budgétaire en 2015.

DÉCLARATION POLITIQUE

Le FMI évalue à 4,4 milliards d'euros le déficit budgétaire de 2014 et à 6,5 milliards celui de 2015.

Les responsables grecs espèrent qu'un accord avec la troïka, au terme de discussions qui durent maintenant depuis cinq mois, sera conclu d'ici la fin du mois, permettant le versement d'une nouvelle aide début mars.

La Grèce, qui a frôlé la faillite en 2012, n'a pas de besoins de financement pressants avant mai, mois où tomberont 9,3 milliards d'euros d'emprunts à rembourser. Le pays a reçu 240 milliards d'euros d'aides de la troïka en deux programmes depuis 2010 et nécessitera sans doute une nouvelle aide et des mesures sur la dette avant d'être complètement remis sur pied.

La Grèce recevra sans doute de 10 à 20 milliards d'euros de ses bailleurs de fonds pour combler ses besoins de financement sur la période 2014-2015 mais il n'y aura pas de réduction du principal déjà dû par elle à la zone euro, ont déclaré des responsables de la zone euro.

Quoi qu'il en soit, les discussions officielles sur un troisième programme d'aide à la Grèce ne pourront démarrer qu'après les élections parlementaires européennes du 22 mai, la question étant politiquement sensible.

Toutefois, les ministres de la zone euro pourraient formuler une déclaration politique dans laquelle ils s'engagent à soutenir encore la Grèce, laissant les discussions concrètes à plus tard, de l'avis de responsables européens.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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