La «puce fraîcheur» tente un retour dans les rayons

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Les professionnels réclament une norme pour encadrer les dispositifs qui permettent de suivre la température des produits réfrigérés, mais doutent de l'utilité de les généraliser en magasin.

Monoprix en avait fait un argument marketing dès la fin des années 90. La «puce fraîcheur», mise en place par l'enseigne sur quelque 400 références de produits frais puis écartée des rayons faute de lisibilité, pourrait faire son grand retour. «Les professionnels de la chaîne du froid nous ont sollicités pour les accompagner dans l'élaboration d'une norme qui définira les performances attendues de ces dispositifs», explique-t-on à l'Association française de normalisation (Afnor). A ce jour, une dizaine d'outils «non normés» existent sur le marché français. Ils contrôlent les produits alimentaires ou de santé, comme les vaccins, devant être conservés entre 4°C et 8 °C ou congelés en dessous de -18°C. Selon l'Afnor, «leurs modes de fabrication et critères de mesure de la fraîcheur ne sont pas homogènes, ce qui pose un problème de fiabilité».

Or, ce manque de fiabilité peut avoir de sérieuses conséquences. D'après le Cemafroid, un laboratoire d'essais et centre d'expertise du froid, les Français consomment en moyenne 320 kilos de produits réfrigérés et 30 kilos de produits surgelés et crèmes glacées par personne et par an, sur un total de 520 kilos de produits alimentaires. Et l'on recense chaque année en France environ 500.000 cas d'intoxications alimentaires, selon la Commission de la Sécurité des Consommateurs (CSC). Une tendance en hausse. Les incidents de la chaîne du froid en sont souvent à l'origine. «La norme contribuera à une plus grande qualité et sécurité des aliments et médicaments destinés aux consommateurs», promet l'Afnor. Alors que les travaux de réflexion devraient durer dix-huit mois, l'organisme n'exclut pas de voir arriver la nouvelle génération de «puces fraîcheurs» arriver dans les rayons «dès la fin 2013».

Message parfois illisible pour le consommateur

Un enthousiasme que tempèrent les professionnels. Selon eux, la rupture de la chaîne du froid peut se produire à tous les niveaux: chez le fabricant, tout d'abord, lors de la préparation des produits, mais aussi durant le transport en camion réfrigéré ou chez le distributeur lors de la mise en rayon et enfin, chez le consommateur. «L'objectif de ce chantier d'harmonisation est de simplifier les relations entre tous les acteurs de la chaîne, en clarifiant les responsabilités au cas où l'indicateur de fraîcheur virerait au rouge», estime Gérard Cavalier, gérant du Cemafroid. C'est pourquoi il juge qu'une utilisation purement professionnelle de ces outils, par exemple au sein d'une entreprise de restauration collective, serait «plus pertinente». Un avis que partage Catherine Bonaïti, directrice scientifique du fabricant d'intégrateurs biologiques Cryolog. «Le message envoyé par ces indicateurs de fraîcheur n'est pas toujours clair pour le consommateur final, surtout s'il contredit la date limite de consommation (DLC).»

S'ils suivent de près les travaux de l'Afnor, les distributeurs n'ont pas encore tranché. «Une réflexion est en cours pour évaluer l'intérêt de faire apparaître ces puces fraicheurs sur les emballages», reconnaît-on à la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FDC), au sein de laquelle la majorité des enseignes reste échaudée par l'échec passé. Les débats de normalisation devront toutefois résoudre cette question épineuse pour que la norme voie le jour. D'autant plus que, comme le rappelle l'Afnor, «son application se fera sur la base du volontariat».

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