La prudence s'impose sur le marché du high yield, selon Swiss Life Asset Managers

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(AOF) - Porté par la remontée des cours du pétrole, le marché du high yield (haut rendement) a bien performé depuis février mais la prudence est de rigueur à court terme. Ce marché pourrait marquer une pause d'ici la fin de l'année, souligne Gilles Frisch, responsable de la gestion Asset Opportunities de Swiss Life Asset Managers.

"En février, nous avions considéré que le marché du high yield offrait des opportunités réelles. Le marché nous a donné raison, dorénavant nous préconisons la prudence à court terme", estime le responsable. "A l'époque, nous avions estimé que la correction avait été particulièrement sévère sur le marché américain et notamment pour les entreprises pétrolières et gazières qui avaient subi de plein fouet la chute des cours du pétrole et du gaz. Elles peuvent expliquer jusqu'à la moitié de la volatilité constatée. Dans ce contexte les rendements moyens que doivent offrir les émetteurs high yield avaient bondi à des niveaux très élevés, à 10% en moyenne sur le marché américain et 6,4% sur le marché européen. En effet, la chute des cours du pétrole menaçait de faillite un certain nombre de sociétés qui ne peuvent dégager de bénéfices avec un baril en deçà de 40 dollars. En conséquence, la prime de risque liée à ces sociétés s'est envolée."

Avec la remontée des cours du baril, les rendements délivrés par les émetteurs de ce segment du marché obligataire ont été poussés à la baisse au cours des semaines suivantes. La valorisation moyenne du high yield américain a rebondi de 21% entre février et fin août tandis que le high yield européen progressait sur la même période de 12%. Début septembre, le rendement du marché américain atteignait ainsi 6,5% contre 3,5% en Europe.

Pour autant, la prudence s'impose à court terme. Il est probable que la dynamique du marché high yield marque une pause alors que le calendrier économique et politique est chargé d'incertitudes. Les élections américaines restent très indécises et devraient entretenir la volatilité des marchés d'ici début novembre. La communication hésitante de la Fed sur le calendrier du resserrement monétaire ne contribue pas à rassurer les investisseurs. Par ailleurs, la liquidité va baisser d'ici la fin de l'année à mesure que les banques réduisent leurs books et mettent leur bilan en ordre. Les ajustements de portefeuille vont devenir plus couteux et plus difficiles, alerte Gilles Frisch.

"Cette prudence que nous conseillons aux investisseurs devrait toutefois leur permettre de bénéficier de meilleurs points d'entrée au cours des prochains mois. A moyen terme, nous restons positifs sur ce marché du haut rendement et nous continuons à privilégier le high yield américain par rapport au high yield européen. Les bons fondamentaux des entreprises américaines présentes sur ce marché justifient in fine la poursuite de la baisse des rendements. Aujourd'hui, nous détenons dans nos portefeuilles obligataires haut rendement : 60% de high yield dollars, 30% de high yield européen et 10% de cash, preuve de notre prudence actuelle", conclut le responsable.

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