La «propriétaire» du soleil porte plainte contre eBay

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Une Espagnole, après s'être fait déclarer propriétaire du soleil, a eu l'idée d'en mettre en vente des parcelles sur eBay. Bloquée par le site de e-commerce, elle vient de porter plainte.

Devenir propriétaire d'une parcelle du soleil pour 1 euro. C'est ce que proposait Maria Angeles Duran, sur eBay. La mère de famille, se revendiquant propriétaire du soleil, revendait ainsi généreusement des mètres carrés de son bien, avec en prime un certificat de propriété délivré par ses soins. Son petit manège lui aurait permis en deux ans de vendre 600 parcelles pour une valeur de 1200 euros. Depuis le site de e-commerce a bloqué le compte pour «tricherie», invoquant le fait que le bien vendu ne peut être ni touché ni transporté. Or le blocage de son compte empêche Maria Duran de toucher l'argent de ses «ventes». Une situation qui l'agace au point qu'elle vient de porter plainte contre eBay Europe. Maria Duran réclame la somme de 10.000 euros au titre du bénéfice des ventes qu'elle n'a jamais reçu et du préjudice occasionné. Le tribunal madrilène a jugé la plainte recevable et jugera l'affaire en juillet.

Une faille dans le droit européen?

Car Maria Duran dispose bel et bien d'un document enregistrant à son nom le soleil. A sa demande, un cabinet de notaire espagnol lui a délivré une déclaration stipulant qu'elle est «la propriétaire du soleil, une étoile de type spectral G2, située au centre du système solaire, à une distance moyenne de 149.600.000 kilomètres de la Terre».

L'Espagnole affirme avoir tiré profit d'une faille dans le Traité et principes des Nations unies relatifs à l'espace extra-atmosphérique, afin de se voir remettre ce document. Entré en vigueur en 1967, l'article 2 du traité des Nations unies précise bien qu'aucune entité étatique ne peut s'approprier un corps céleste. En revanche il n'est pas précisé que c'est le cas pour une personne physique, c'est-à-dire un particulier.

Pour le Conseil supérieur du notariat français, le «certificat» dont dispose Maria Duran n'est qu'une vulgaire farce: «Nous avons contacté nos homologues espagnols. Le document que possède Madame Duran n'est en aucun cas un titre de propriété», précise l'institution. «Cette dame s'est présentée devant un notaire, lui a fait

une déclaration selon laquelle elle serait propriétaire du soleil et il a pris acte de cette déclaration en l'écrivant sur un papier. Juridiquement ce document n'a donc aucune valeur.»

Les étoiles, un business très lucratif

Le commerce des astres et planètes fleurit depuis quelques années. On ne compte plus le nombre de sites Internet qui délivrent de prétendument certificat de possession d'un corps céleste.

Dans les années 1990, Dennis Hope, un Américain, s'est ainsi approprié la Lune, Mars, Vénus, Mercure et Io. Après en avoir revendiqué les droits de propriété au Nations unies, il s'est mis à en vendre des parcelles sur son site internet. Le succès a été immédiat. Dans une interview au magazine Vice ,il déclare: «Nous avons vendu 300 millions d'hectares sur la Lune, 160 millions sur Mars et 62 millions sur Vénus, Io et Mercure combinés.» Des ventes qui lui ont permis de se constituer une fortune de plus de 10 millions de dollars. Comme il aime à le préciser, «si ces parcelles ne trouvaient pas preneur, mon entreprise n'existerait pas».

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