La proposition de Bayrou sur les parrainages mal accueillie

le
15
LA PROPOSITION DE FRANÇOIS BAYROU SUR LES PARRAINAGES MAL ACCUEILLIE
LA PROPOSITION DE FRANÇOIS BAYROU SUR LES PARRAINAGES MAL ACCUEILLIE

PARIS (Reuters) - Les principales formations politiques françaises ont rejeté lundi l'idée d'une concertation avancée par le centriste François Bayrou, dans l'hypothèse où Marine Le Pen n'obtiendrait pas les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle.

Le président du Mouvement Démocrate a estimé dimanche soir sur France 2 que les responsables des grands courants démocratiques devraient "discuter" de la situation créée par l'éventuelle disqualification de la présidente du Front national, qui affirme peiner à collecter les 500 signatures d'élus nécessaires à sa candidature.

La candidate d'extrême droite, qui réclame l'anonymat des parrainages, a salué lundi le "comportement républicain" et "démocrate" du candidat centriste tout en soulignant qu'elle n'avait pas à "appeler à l'aide" ses adversaires.

"Ce n'est pas moi que je défends, ce sont les millions de Français qu'on cherche à faire disparaître de cette élection présidentielle", a-t-elle dit à des journalistes, à Paris.

Le directeur stratégique de sa campagne, Florian Philippot, a déclaré à Reuters que le FN n'avait pas vocation à "quémander" des parrainages et que la loi devait être amendée afin de ne pas "enfermer" les Français dans "un faux choix entre l'UMP et le PS".

François Bayrou a jugé sur RTL lundi matin que l'absence de Marine Le Pen, créditée de 16% à 19,5% d'intentions de vote pour le premier tour, jetterait "un trouble" sur le scrutin.

"Il est impossible qu'une formation politique, seule, comme la mienne, dise 'Ecoutez, on va faire ce qui faut', parce que ça ferait manoeuvre", a-t-il expliqué.

"Je ne le ferai pas. En revanche, en parler avec les autres responsables politiques, pour que le pluralisme ait droit de cité en France, je suis prêt à le faire s'ils y sont prêts, ce dont je ne suis pas certain", a ajouté le dirigeant du MoDem.

Pour Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, la réponse est "Non".

"ARRIÈRE-BOUTIQUE"

"Vous vous rendez compte, les responsables politiques - alors que l'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme, d'une femme, d'un candidat avec les peuples - se réunissant dans une arrière-boutique pour répartir des signatures ? 'Et moi je te donne tel département, et moi je te donne tel maire' ?", a lancé le député-maire socialiste d'Evry (Essonne) sur Europe 1.

"Il y a une loi qui prévoit 500 signatures de maires pour les candidats. C'est quand même étrange de la part de François Bayrou qui en appelle aux institutions de la Ve République, et qui là nous fait une proposition de réunir les partis comme sous la IVe pour régler les problèmes", a-t-il ajouté.

Le ministre UMP du Travail, Xavier Bertrand, a lui aussi écarté l'idée d'une telle "discussion".

"Je suis maire de Saint-Quentin. Ma signature ira à Nicolas Sarkozy et à personne d'autre. En revanche, je préfère très clairement affronter les idées du Front national, comme de l'extrême gauche, dans une élection", a-t-il dit sur i

La candidate écologiste, Eva Joly, a estimé que Marine Le Pen, comme les autres candidats, devait se plier au "jeu normal" des "procédures démocratiques qui sont prévues dans la Constitution et dans les lois".

"Si les maires sont réticents à donner leur signature à Marine Le Pen, c'est que ses positions anti-républicaines posent problème aux maires qui ont ensuite des comptes à rendre à leurs administrés", a-t-elle dit à des journalistes lors d'un déplacement dans les Bouches-du-Rhône.

Sa porte-parole, Dominique Voynet, a souligné que la collecte des signatures est un exercice "difficile", à "prendre au sérieux". "Sans doute Marine Le Pen a-t-elle sous-estimé cette difficulté", a dit l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, sur Europe 1.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui s'emploie également à réunir les 500 signatures requises en vue de sa candidature, a exclu lui aussi toute initiative en faveur de Marine Le Pen.

"Je ne suis pas un homme de combinaisons, je ne suis pas un homme d'arrière-pensées", a-t-il déclaré sur France Info.

Sophie Louet, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • denisam1 le lundi 13 fév 2012 à 18:20

    Mal accueillie par qui ???? ..... pas par moi et beaucoup d'autres .........sauf par ceux qui sont au ""parfum "" des vrais sondages ........

  • M6486201 le lundi 13 fév 2012 à 18:17

    Bayrou a une notion variable de la démocratie - Ca ne l'arrangerait pas que Marine ne soit pas candidate car dans ce cas il est sur de ne pas être au second tour. Pas sérieux cette déclaration!

  • laquitta le lundi 13 fév 2012 à 17:51

    Manta92-Les élus seraient vraiment les représentants du peuple si la proportionnelle s'appliquait. Ce n'est pas le cas, donc les élus ne représentent que les principaux partis politiques l'UMPS donc. D'ailleurs chaque parti UMP ou PS ne représentent en vérité guère plus que les electeurs FN. Suffit de s'être donné le pouvoir de "truquer" le processus électoral à son profit.

  • M7254580 le lundi 13 fév 2012 à 17:09

    il n'y a plus de démocratie quand il y a juste un bipartilarisme qui se renvoie la balle au dessus de vos tetes sans vous écouter. réflechissez un peu. on a besoin de tt le monde, mm des extremes.

  • kammerer le lundi 13 fév 2012 à 17:01

    Si les 20% d'électeurs du FN ne sont pas représentés à l'election présidentielle,cela les entrainera peut-être à voter blanc. Et 20% de votes blancs, sans compter l'ensemble des mécontents qui pourraient trouver un intérêt à un vote de protestation important, cela fera plus désordre. Personne ne sait ce que cela pourra générer.

  • manta92 le lundi 13 fév 2012 à 16:36

    Si Mme le Pen n'a pas ses parrainages, ce n'est pas anti démocratique en soit puisque se sont les élus (donc démocratiquement les représentants du peuple) qui peuvent donner leurs parrainages... A eux d'agir suivant leurs sensibilités. Si Mr Bayrou juge ce procédé contraire à la démocratie, pourquoi les élus MODEM ne signent pas pour Mr le Pen ses parrainages ? C'est bien qu'ils n'en n'ont pas envie...

  • raich2 le lundi 13 fév 2012 à 16:15

    Tous les partis représentent un échantillon de la population et les idées qu'ils véhiculent.Cela ne me genera pas si le parrainage devient anonyme.Seuls les votes des citoyens fera la décision et l'élection du prochain chef de l'état.

  • wanda6 le lundi 13 fév 2012 à 15:29

    M3101717 Ne confondez pas racisme et nationalisme.

  • georg199 le lundi 13 fév 2012 à 11:58

    bstefank ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Le FN n'a pas à être interdit ou alors il faut ingterdire : >Communistes, Mélanchon, Ecolosnuls, lutte ouvrière, enfin tous ces extrêmes. Mais je ne pense pas que le FN puisse encore être classé à l'extrême droite.Pour autant je trouve que bayrou n'a pas raison :il y a une loi et elle doit être respectée par tous même par bayrou

  • bstefank le lundi 13 fév 2012 à 11:46

    Je n'ai pas d'affinité avec le FN mais je trouve que Bayrou a raison et le fait que les partis UMP et PS ne soient pas d'accord prouve qu'ils sont complices des rétentions de parrainages vis à vis du FN. Ce sont eux qui contournent la loi pas Bayrou Mr georg199.Si le FN n'est pas légitime il faut l'interdire !