La productivité française au ralenti dans l'ère du numérique face aux États-Unis

le
0

(AOF) - Une lettre d'information de France Stratégie (Commissariat général à la stratégie et à la prospective) explique le ralentissement de la productivité en France. Le pays est en effet marqué depuis les années 90 par un ralentissement de la croissance de sa productivité horaire du travail et un décrochage en comparaison avec les Etats-Unis. Les entreprises françaises ont du mal à suivre la cadence de ce que l'on nomme familièrement " la génération Y " face aux américains qui excellent dans l'ère du numérique.

Ces derniers très investis dans les NTIC, alors que la France n'a pas encore connu une intensité de " son processus de destruction créatrice " explique France Stratégie.

Ainsi, plusieurs raisons sont évoquées sur ce ralentissement. Tout d'abord, la décomposition de la productivité horaire du travail entre approfondissement du stock de capital et productivité globale des facteurs montre que le décrochage français s'explique par un faible investissement des entreprises dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication et par une moindre croissance de la productivité globale des facteurs depuis 1994.

Entre outre, les entreprises françaises peinent à se convertir au numérique, en 2014, 63 % seulement d'entre elles disposent d'un site web, à comparaison de 75 % pour les économies avancées et 90 % pour les pays nordiques. Egalement, 17 % des entreprises utilisent les réseaux sociaux (Twitter, Facebook…) pour leurs relations clients, contre 25 % en moyenne dans l'OCDE. Enfin les données de l'International Federation of Robotics montrent qu'en 2013 le taux d'équipement des entreprises en robotique est deux fois plus faible en France qu'aux États-Unis et en Allemagne.

En laissant de côté ce manque d'avancées dans l'ère du numérique, les études empiriques ont mis en avant la moindre intensité du processus de destruction créatrice en France. Aux Etats-Unis, une partie importante des gains de productivité s'est réalisée par un phénomène dit d'efficience allocative. Ce phénomène consiste en ce que les entreprises les plus productives grossissent en attirant capitaux et travailleurs, tandis que les moins productives voient leur poids relatif diminuer ou même disparaissent.

En termes de perspectives, ce ralentissement de productivité de la France pose néanmoins l'existence possible de réserves potentielles de productivité non exploitées." La plus grande diffusion des technologies numériques et la recomposition d'une partie du tissu productif pourraient, si elles se produisent, assurer un rebond non négligeable des gains de productivité horaire ".

"Pour que les entreprises françaises investissent davantage dans le numérique et pour renforcer le dynamisme entrepreneurial du tissu productif français, trois domaines d'intervention publique apparaissent prioritaires :renforcer les compétences de la population active ; faciliter le développement des entreprises les plus productives et les plus innovantes ; développer la mobilité du travail." conclut France Stratégie

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant