La production pétrolière iranienne stagne depuis 3 mois

le
0
    * La production d'août identique à celle de juin et juillet 
    * L'Iran réclame un plafond bien plus élevé 
    * L'Iran a retrouvé sa production pré-sanctions, pense Ryad 
 
    par Alex Lawler et Rania El Gamal 
    LONDRES, 9 septembre (Reuters) - L'Iran, qui se refuse à 
être partie prenante d'un éventuel accord de gel de la 
production au sein de l'Opep, voit cependant sa propre 
production stagner depuis trois mois.  
    La production iranienne a été de 3,64 millions de barils par 
jour (bpj) en juin, dépassant largement une moyenne de 2,84 
millions bpj pour l'ensemble de l'année 2015 à la suite de 
l'allègement des sanctions occidentales contre l'Iran en 
janvier. Ce faisant l'Iran a alimenté un marché déjà engorgé, ce 
qui s'est traduit par une baisse des cours. 
    Mais depuis juin, la production stagne, représentant juste 
3,63 millions bpj le mois dernier, selon de nouvelles données de 
l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se 
fondant sur des sources tierces (consultants, médias 
spécialisés) et consultées par Reuters. 
    Selon une source de l'Opep, l'Iran a bien fait savoir à 
l'organisation qu'il avait extrait 3,63 millions bpj en août. 
    L'Iran fait obstacle à une initiative conjointe de l'Opep et 
de la Russie annoncée cette année en vue de geler la production 
au niveau mondial. Téhéran veut au préalable regagner les parts 
de marché perdues lorsqu'il subissait les sanctions. 
    L'Arabie saoudite voulait la participation de tous les 
producteurs à cette initiative qui a finalement capoté en avril. 
    Ryad et Moscou s'employant à nouveau à tenter d'étayer les 
cours pétroliers, Téhéran semble cette fois-ci plus disposé à 
coopérer lors d'une rencontre entre pays producteurs de l'Opep 
et hors Opep prévue à Alger du 26 au 28 septembre, sans aller 
jusqu'à accepter le principe d'un gel de la production. 
  
     
    RETOUR À LA PRODUCTION D'AVANT LES SANCTIONS 
    L'Iran a dit à plusieurs reprises qu'il devait produire au 
moins quatre millions bpj avant d'accepter le moindre accord 
mais, selon une source de l'Opep, l'objectif réel serait de 4,2 
à 4,3 millions bpj. 
    Même si l'Iran était incapable dans l'immédiat d'atteindre 
un tel objectif, cela lui donnerait un avantage lors des 
discussions au sein de l'Opep, s'il parvenait à mobiliser de 
grands groupes pétroliers pour mettre en valeur ses énormes 
gisements. 
    Les producteurs du Golfe, emmenés par l'Arabie saoudite, 
insistent pour que l'on prenne pour base d'un accord les données 
tierces récoltées par l'Opep, afin que tous soient traités sur 
un pied d'égalité, a ajouté la source de l'Opep. 
    "Si on ne peut pas s'entendre sur une seule référence, à 
savoir les données tierces, ça compliquera un peu plus les 
choses", a-t-elle dit. 
    C'est ce qui pourrait bien se produire dans la mesure où ces 
données montrent que l'Iran a déjà renoué avec ses niveaux de 
production antérieurs aux sanctions, extrayant aujourd'hui 
autant qu'à la fin 2011. 
    Cela se recoupe avec les estimation de l'Agence 
internationale de l'énergie (AIE) qui estime que les capacités 
de l'Iran sont très proches de sa production actuelle.  
    Quoi qu'il en soit, pour certains des membres de l'Opep, la 
question est d'ores et déjà réglée. Le ministre de l'Energie 
saoudien Khalid al-Falih a dit lundi que la production iranienne 
avait déjà atteint ses niveaux antérieurs aux sanctions. 
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît 
Van Overstraeten) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant