La procédure d'IPO d'ABN Amro est lancée au Pays-Bas

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LA RÉINTRODUCTION D'ABN AMRO LANCÉE AUX PAYS-BAS
LA RÉINTRODUCTION D'ABN AMRO LANCÉE AUX PAYS-BAS

par Anthony Deutsch

LA HAYE (Reuters) - L'Etat néerlandais compte réintroduire en Bourse la banque ABN Amro dans le délai d'un an au plus tôt mais il est peu probable qu'il récupère sa mise.

Le gouvernement évalue ABN Amro à une quinzaine de milliards d'euros, ce qui est plus que les estimations de certains analystes mais bien moins que l'aide apportée à la banque par les Pays-Bas en 2008 et par la suite.

"Nous tenterons d'avoir le meilleur prix possible", a dit le Premier ministre Mark Rutte vendredi en conférence de presse. "Les chances de la vendre avec un bénéfice sont maigres. Nous déciderons dans un an si le moment est venu et dans l'intervalle nous demanderons à ABN Amro de se préparer à une cotation."

"Si le Parlement est d'accord, la première possibilité d'IPO serait au premier semestre 2015", a dit de son côté Gerrit Zalm, directeur général d'ABN Amro.

En comparaison, Londres devrait dégager un bénéfice lorsque sera vendue une partie de sa participation de 39% dans Lloyds Banking Group, peut-être dès septembre. En revanche, son désengagement de Royal Bank of Scotland, dont l'achat catastrophique d'ABN Amro en 2007 a coûté très cher à la fois à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, paraît très éloigné.

L'Etat néerlandais a versé une quarantaine de milliards d'euros en 2008 pour renflouer le secteur financier local, injectant des liquidités dans le bancassureur ING, l'assureur Aegon et le groupe financier SNS Reaal, et nationalisant ABN Amro.

Cinq ans plus tard, les banques néerlandaises ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes, après avoir cédé des actifs en masse et comprimé leurs effectifs à loisir, se recentrant pour l'essentiel sur le marché local et européen.

Le renflouement d'ABN Amro et des entité connexes a coûté au total 27,9 milliards d'euros, a fait savoir vendredi le ministère des Finances.

L'Etat a dû à nouveau intervenir en février, apportant 10 milliards d'euros pour empêcher SNS Reaal de s'écrouler sous le poids de pertes immobilières.

Le désengagement d'ABN Amro, troisième banque néerlandaise, et de SNS Reaal, la quatrième, serait une contribution bienvenue aux finances publiques pour un pays qui a toutes les peines du monde à ramener son déficit à 3% du PIB.

ABN Amro a publié vendredi un bénéfice net en baisse de 3% à 402 millions d'euros au deuxième trimestre, pourcentage pris par comparaison au trimestre précédent, en raison d'une hausse de 292 millions d'euros des dépréciations de créances.

Le produit net des intérêts a cependant augmenté de 4% à 1,36 milliard d'euros grâce à une amélioration des marges sur les prêts, tandis que le revenu net des commissions et divers a été stable à 417 millions d'euros.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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