La "prison du c?ur" de Pierre Botton semble mal partie

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LA "PRISON DU C?UR" DE PIERRE BOTTON SEMBLE MAL PARTIE
LA "PRISON DU C?UR" DE PIERRE BOTTON SEMBLE MAL PARTIE

STRASBOURG (Reuters) - La "prison du c?ur", un centre de réinsertion pour condamnés à de courtes peines que Pierre Botton, homme d'affaires lyonnais et lui-même ancien détenu, envisageait de faire construire dans le Jura, ne figure plus à l'agenda du ministère de la Justice.

Cette remise en cause d'un projet qui était soutenu par le précédent gouvernement figure dans un courrier du ministère reçu jeudi par Christophe Perny, président socialiste du conseil général du Jura et opposant à l'initiative de Pierre Botton.

"Cette proposition privée n'a pas fait l'objet de validation technique de l'administration ni d'une quelconque inscription financière publique", écrit Christian Vigouroux, directeur de cabinet de Christiane Taubira.

"Il n'est actuellement pas prévu de nouvel établissement dans le Jura. Cette initiative soulève de nombreuses questions que vous relevez", précise-t-il encore.

Saint-Julien-sur-Suran, le village de 420 habitants où devait se réaliser ce lotissement de chalets entouré de grillages qui aurait accueilli 120 détenus, "était le dernier endroit où aller", a dit Christophe Perny à Reuters.

"Le fait de réfléchir à une autre forme d'incarcération était une chose intéressante à deux conditions", a-t-il expliqué, jugeant "inacceptables" le partenariat public-privé prévu dans le projet et l'absence de concertation au sujet du lieu d'implantation.

Consultés par référendum, les habitants de Saint-Julien-sur-Suran s'étaient prononcés à 54% contre la prison, mais le conseil municipal était passé outre en estimant que le rejet n'était pas "massif".

ET LA CONTINUITÉ DE L'ETAT ?

L'Ufap, principal syndicat du personnel de l'administration pénitentiaire, avait dénoncé un projet qui aurait réduit les surveillants à un rôle marginal au profit de l'armée et d'entreprises partenaires pourvoyeuses d'emplois.

Pierre Botton a réagi vivement en contestant les affirmations de Christian Vigouroux.

"Il faut savoir s'il y a une continuité de l'Etat", a-t-il dit à Reuters.

L'ancien gendre de l'ex-maire de Lyon Michel Noir, qui a passé près de deux ans en prison pour abus de biens sociaux dans les années 90, se prévaut d'un courrier de Michel Mercier, dernier garde des Sceaux du gouvernement de François Fillon dont il fut chargé de mission.

Le ministre affirmait, en février 2012, que "les aspects techniques, les modalités de fonctionnement de la structure et les conditions de prise en charge des détenus (?) ont été validés par l'administration pénitentiaire".

Christiane Taubira avait reconnu en juillet dernier que le projet avait fait l'objet d'un "examen technique mais qui n'a jamais abouti à une validation stratégique ou financière".

"Après, je ne me prononce pas sur le fait qu'un président de conseil général demande l'abandon d'un projet qui créerait 150 emplois", a ajouté Pierre Botton.

Le cabinet de la ministre, sollicité par Reuters, n'a pas été en mesure de répondre.

Gilbert Reilhac, édité par Gérard Bon

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