La pression sur la note des banques s'accroît, dit Fitch

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BANGALORE (Reuters) - Les répercussions de tendances de marché et de fondamentaux économiques négatifs renforcent les pressions baissières sur les notations des banques françaises, tout comme de bon nombre de leurs homologues européennes, a déclaré l'agence de notation Fitch Ratings jeudi.

"Le financement devient plus difficile et le resserrement de la liquidité pourrait devenir un souci s'il se prolongeait. Les spéculations pour savoir si les banques françaises doivent se recapitaliser et comment elles pourraient le faire, se multiplient", dit Eric Dupont, l'un des membres senior de l'équipe Financial Institutions de Fitch.

L'étude conclut que les ratios de fonds propres des banques françaises devraient augmenter avec le temps, conséquence d'une rétention des bénéfices et d'autres mesures de gestion du bilan. Toutefois, poursuit-elle, les ratios actuels et visés soutiennent mal la comparaison avec les références fixées par d'autres grandes banques européennes ou leurs régulateurs.

Fitch se demande par ailleurs si les récentes annonces de cessions d'actifs suffiront à apaiser les craintes dues à l'exposition de ces banques à des pays tels que la Grèce, l'Italie, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne.

L'agence prévoit que la pression des marchés sur les banques françaises persistera "au moins tant que la situation liée aux pays périphériques n'aura pas été éclaircie".

Un apaisement ponctuel des marchés pourrait leur offrir l'opportunité d'émettre de la dette non-sécurisée. "Dans le cas contraire, les banques françaises pourraient, dans un premier temps, émettre des volumes plus importants d'obligations sécurisées et finalement réduire leurs nouveaux engagements."

Fitch n'exclut cependant pas une recapitalisation sur fonds publics: "L'accès au marché étant limité, il faudrait peut-être obtenir ce capital de l'Etat mais les autorités et les banques françaises ont jusqu'à présent résisté à cette pression", écrit-elle.

L'agence pense que toute recapitalisation éventuelle par l'Etat prendrait la forme de dette hybride ou toute autre forme temporaire, et non d'acquisitions d'actions ordinaires.

Bureau de Bangalore, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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