La pression monte sur la BCE en Allemagne

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    BERLIN, 5 janvier (Reuters) - Des économistes allemands ont 
appelé jeudi la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses 
taux d'intérêt après la hausse plus forte que prévu de 
l'inflation dans la zone euro en décembre. 
    Les prix à la consommation dans les 19 pays ayant opté pour 
la monnaie unique ont augmenté de 1,1% sur un an le mois 
dernier, en nette accélération par rapport à la hausse de 0,6% 
constatée en novembre et celle de 0,5% annoncée pour octobre. 
  
    Ce niveau d'inflation reste néanmoins éloigné de l'objectif 
de la BCE d'une hausse des prix légèrement inférieure à 2% alors 
que l'institut de Francfort, sous la présidence de Mario Draghi, 
a ramené son taux de refinancement à zéro et a injecté des 
centaines de milliards d'euros dans le système financier via des 
rachats d'actifs. 
    "Le moment est venu d'une normalisation" de la politique 
monétaire, déclare Stefan Bielmeier, économiste en chef de DZ 
Bank, cité par Bild. "Maintenant, une modification des taux 
d'intérêt est faisable." 
    Le patron de l'institut DIW, Marcel Fratzscher, a déclaré au 
même journal: "Plus vite le taux d'inflation en Europe atteindra 
l'objectif de 2%, plus rapidement la BCE pourra relever les taux 
d'intérêt. Les épargnants en bénéficieraient également." 
    D'après Bild, Isabel Schnabel, membre du panel d'économistes 
chargés de conseiller le gouvernement d'Angela Merkel, juge 
aussi que la politique monétaire expansive de la BCE doit 
bientôt prendre fin. 
    Le débat a été lancé dès mardi après la publication des 
chiffres de l'inflation en Allemagne, à son plus haut depuis 
plus de trois ans, lorsque le président de l'institut économique 
Ifo, Clemens Fuest, avait jugé que cela donnait le signal pour 
mettre fin à la politique accommodante de la BCE.   
     
    "CHANGEZ DE CAP, MONSIEUR DRAGHI" 
    Les éditorialistes de la presse allemande se sont saisis du 
sujet en insistant sur le coût pour les épargnants allemands de 
la politique de taux très bas appliquée par la BCE, qui devrait 
leur coûter 36 milliards d'euros en 2017, estime Michael 
Stappel, économiste chez DZ Bank. 
    "Des millions d'épargnants paient la facture aujourd'hui", 
abonde Jan Schäfer, éditorialiste chez Bild. "Leur épargne est 
de facto dévaluée alors que les gouvernements de la zone euro 
peuvent continuer à accumuler de la dette à bas coût comme 
jamais auparavant." 
    "La redistribution aux dépens des épargnants doit prendre 
fin (...) C'est pourquoi: les taux d'intérêt doivent enfin être 
relevés." 
    Dans un éditorial titré "Changez de cap, Monsieur Draghi", 
la Süddeutsche Zeitung écrit que la BCE risque de nourrir le 
soutien aux partis eurosceptiques avec sa politique, un argument 
déjà avancé par le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble. 
    "La BCE ne peut pas se permettre de perdre sa crédibilité, 
en particulier en Allemagne", affirme l'éditorialiste Marc 
Beise, alors que les conservateurs au pouvoir à Berlin craignent 
une percée du parti eurosceptique AfD aux élections législatives 
prévues à l'automne. 
    "Quiconque se trouve au siège de la BCE à Francfort, avec 
une vision européenne et qui ferme les yeux sur la colère de 
gens toujours plus nombreux dans le pays où il travaille, mettra 
au bout du compte en péril l'ensemble du projet européen." 
 
 (Madeline Chambers et Michael Nienaber; Bertrand Boucey pour le 
service français, édité par Patrick Vignal) 
 
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  • M9425023 il y a 11 mois

    En tant que petit épargnant, il y a belle lurette que je n’investis plus dans les placements financiers, mais simplement dans les entreprises de production de biens et d'équipements durables. ce sont les seuls capables de produire les richesses dont nous avons besoin. Au prochain clash financier, seul le tangible aura encore une valeur, et à défaut de valeur financière, aura encore une valeur d'utilité. Et ce n'est même plus le cas de l'or.

  • jpc50 il y a 11 mois

    La BCE n'appartient pas à l'Allemagne, c'est le lobby bancaire qui est la dessous, les épargnants il s'en moque, c'est d'augmenter le taux du crédit qui l'intéresse. L'Allemagne comme l'Angleterre à tiré le maximum de l'Europe, ça suffit comme ça. Si cela ne lui convient pas il y a toujours le deutchexit, l'Europe du sud voire du sud & de l'est, sans l'Allemagnes, serait sans doute une excellente solution sinon la seule susceptible de sauver les meubles.