La pression monte sur Copé, Fillon prêt à s'effacer

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FRANÇOIS FILLON FAVORABLE À UN NOUVEAU VOTE À L'UMP AVEC DE NOUVELLES CANDIDATURES
FRANÇOIS FILLON FAVORABLE À UN NOUVEAU VOTE À L'UMP AVEC DE NOUVELLES CANDIDATURES

PARIS (Reuters) - François Fillon a avancé un pion mardi dans la partie d'échecs qui l'oppose depuis plus de trois semaines à Jean-François Copé en prônant un nouveau vote pour la présidence de l'UMP avant l'été 2013 ouvert à de nouvelles candidatures.

L'ancien Premier ministre, qui conteste la victoire du député-maire de Meaux, est allé plus loin en déclarant qu'il pourrait ne pas concourir dans ce futur scrutin.

Le député de Paris devait rencontrer son rival ce mardi à 19h00 (18h00 GMT) à l'Assemblée nationale pour un cinquième tête-à-tête destiné à trouver une solution à la crise qui secoue le parti d'opposition depuis le 18 novembre.

On ignore si ces conciliabules, qui commencent à agacer dans les rangs de l'UMP, ont pu faire bouger les lignes, mais les positions exposées publiquement par les deux protagonistes après une brève abstinence médiatique ne présagent pas d'une issue prochaine.

"Je le dis aujourd'hui: ça suffit! Nous devons organiser de nouvelles élections dans un délai raisonnable, c'est-à-dire au printemps prochain, avant la période de préparation du parti à la succession d'élections dès 2014", a déclaré François Fillon sur Europe 1.

"RÉOXYGÉNISATION"

"S'il s'agit de revoter avant l'été avec une réforme des statuts en ouvrant complètement le jeu à des nouvelles candidatures pour assurer une sorte de réoxygénation de notre parti politique, j'y suis favorable", a-t-il expliqué.

"La seule chose que je ne peux pas accepter, c'est que cette élection soit repoussée après les élections municipales", a-t-il souligné.

Or c'est précisément ce que propose Jean-François Copé : un vote avancé en 2014, après les municipales, alors que son mandat court théoriquement jusqu'en 2015. Le président proclamé de l'UMP ne cesse de présenter son offre comme "un geste d'ouverture".

Face à "un spectacle lamentable", François Fillon, qui assure ne plus se battre pour lui-même, n'exclut toujours pas de saisir la justice. "C'est une possibilité que je me garde, le recours est en cours de préparation".

A la question de savoir s'il pourrait s'effacer dans un éventuel nouveau scrutin interne, l'élu, qui avait déclaré le 21 novembre "renoncer" à la présidence de l'UMP, a répondu par l'affirmative.

"Bien sûr, ça n'est plus le sujet, le sujet aujourd'hui c'est un nouveau départ pour l'UMP et il faut des nouvelles candidatures, il faut une nouvelle campagne", a-t-il dit.

Son image, comme celle de son rival, a été considérablement altérée par la crise, comme en témoigne la chute de sa cote de popularité dans les sondages.

UN "RÉFÉRENDUM" MARDI PROCHAIN

Les membres du "Rassemblement-UMP" (R-UMP), le groupe dissident créé par François Fillon à l'Assemblée pour faire pression sur les "copéistes", devaient se réunir à 17h30 (16h30 GMT) près de l'Assemblée nationale.

"Nos militants sur le terrain veulent tous une nouvelle élection qui soit plus large, c'est la solution qu'a donnée ce matin François Fillon et qu'il a confirmée en réunion du groupe", a déclaré le député "filloniste" Lionel Tardy.

"Maintenant, on va demander aux parlementaires 'non alignés' de se positionner clairement en vue de cette solution", a-t-il ajouté.

Pour l'élu de Haute-Savoie, "ce n'est pas la peine de faire cinquante réunions", car la proposition est sur la table et "on ne peut pas aller plus loin que cette solution-là. "La réunion de ce soir, on n'en espère pas grand'chose", glisse-t-il.

L'ancien président de l'Assemblée Bernard Accoyer, qui condamne un "statu quo" suicidaire selon lui, a décidé de consulter mardi prochain l'ensemble des parlementaires UMP sur l'opportunité d'un nouveau vote à bref délai. Ce référendum à bulletins secrets aura lieu à 12h00 (11h00 GMT) à l'Assemblée.

L'ancien ministre Eric Woerth, soutien de François Fillon, estime que Jean-François Copé "commence à s'isoler" au sein de l'UMP. "Ce n'est pas bon pour lui et ce n'est pas bon pour le mouvement".

Pour le "copéiste" Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée, "il faut arrêter les pressions en tout genre".

"Ça se passe entre eux deux. (...) Il reste un sujet, c'est celui de la date de l'élection. Je leur fais confiance pour se mettre d'accord", a-t-il dit mardi à la presse.

Sophie Louet avec Marine Pennetier et Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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