La pression monte pour recapitaliser les banques européennes

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par Julien Toyer

LUXEMBOURG (Reuters) - Les appels à une recapitalisation des banques européennes se sont multipliés mardi en marge de la réunion des ministres européens des Finances à Luxembourg, où la situation de la banque franco-belge Dexia s'est invitée.

Après des semaines de discussions en coulisses, plusieurs ministres se sont prononcés ouvertement pour une action rapide pour soutenir les banques du continent qui sont frappées de plein fouet par les doutes entourant la réalisation des plans d'aide à la Grèce décidés en mai 2010 et juillet 2011.

"Nous avons poursuivi la discussion sur le fait que nous devons renforcer les banques en Europe. Tous les pays se sont vus demander un examen détaillé des mécanismes de soutien, de toutes les digues de protection", a déclaré la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter.

"Rendre les banques plus sûres est la première des priorités en ce moment", a-t-elle ajouté.

Son homologue espagnole, Elena Salgado, comme les ministres britannique ou suédois plus tôt, a abondé en ce sens, même si elle a précisé qu'aucune discussion formelle n'était intervenue sur ce point à Luxembourg.

"Ce que nous devons faire, c'est couper le clien entre la crise de la dette et les bilans bancaires et pour y parvenir nous devons renforcer ces bilans (...) L'idée selon laquelle les banques doivent avoir plus de capital est une bonne idée", a-t-elle dit à la presse.

LE CAS DEXIA

De leur côté, les ministres français et belge des Finances ont apporté leur soutien à Dexia, dont l'action plongeait en Bourse sur fond de spéculations de démantèlement du groupe.

François Baroin et Didier Reynders se sont engagés dans un communiqué commun à soutenir la banque et à garantir les financements qu'elle lèvera.

Et à l'issue de la réunion du conseil Ecofin, ils n'ont pas fermé la porte à une éventuelle recapitalisation de la banque, qui est en première ligne dans le financement des collectivités locales en France et en Belgique.

"On garantit le financement. Pour les modalités, il y a des instances, laissons le temps à ces instances délibératives de s'organiser (...) Tout ce que nous disons, c'est que les Etats répondront présents comme en 2008", a dit François Baroin.

Didier Reynders a quant à lui indiqué que de nouvelles aides financières passeraient "par des garanties, des recapitalisations ; tout dépendra du schéma présenté par le management de Dexia".

Le scénario d'un démantèlement de Dexia est largement évoqué mardi dans la presse française, belge et internationale.

PARTICIPATION PRIVÉE

Cette pression renouvelée sur les banques intervient alors que les ministres des Finances de la zone euro ont ouvert la porte à une révision de la participation du secteur privé au second plan d'aide à la Grèce afin de tenir compte de la situation dégradée de l'économie et des marchés européens.

L'accord intervenu le 21 juillet entre les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne prévoit une participation des banques et assureurs européens à hauteur de 50 milliards d'euros environ dans le cadre d'un plan d'aide total de 159 milliards d'euros.

Cette participation doit notamment prendre la forme d'un échange d'obligations grecques actuelles contre de nouvelles assorties d'une décote de 21% mais, selon plusieurs sources, des responsables européens ont réclamé ces derniers jours que cette participation soit revue à la hausse.

Edité par Gregory Schwartz

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