La pression monte pour que l'échange de dette grecque réussisse

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LA PRESSION MONTE POUR QUE L'ÉCHANGE DE DETTE GRECQUE RÉUSSISSE
LA PRESSION MONTE POUR QUE L'ÉCHANGE DE DETTE GRECQUE RÉUSSISSE

par Alex Chambers et Lefteris Papadimas

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce a accentué la pression mardi sur ses créanciers pour mener à bien l'échange obligataire qui lui permettra de réduire son endettement, tandis que le principal représentant des porteurs d'obligations chiffrait à 1.000 milliards d'euros les dégâts en cas de défaut non encadré du pays.

L'échange de titres doit aboutir à annuler quelque 100 milliards d'euros de dette. Les créanciers privés, principalement des banques, des assureurs et des sociétés d'investissement, ont jusqu'à jeudi soir pour faire connaître leurs intentions.

Un échec de la procédure compromettrait le deuxième plan d'aide à la Grèce, de 130 milliards d'euros, convenu avec l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

Plusieurs des principaux détenteurs privés de dette grecque ont annoncé qu'ils participeraient à l'opération. Mais, malgré les pressions, un certain nombre de caisses de retraites grecques et quelques investisseurs étrangers ont rejeté une offre qui verra les investisseurs perdre près de trois quarts de la valeur de leurs avoirs.

Athènes a accru la pression en laissant fortement entendre qu'elle contraindrait ceux qui ne participent pas volontairement

Son agence de gestion de la dette, la PDMA, a déclaré que si elle n'avait pas suffisamment de soutien, elle entendrait rendre les pertes "obligatoires pour tous les détenteurs de ces obligations". Elle a indiqué que l'offre d'échange était la meilleure affaire qu'ils pourraient obtenir, faisant ainsi écho aux propos tenus par Evangélos Vénizélos, le ministre grec des Finances, lundi à Reuters.

Un défaut non encadré de la Grèce causerait un préjudice dépassant les 1.000 milliards d'euros pour la zone euro et obligerait sans doute l'Espagne et l'Italie à recourir à des financements extérieurs pour éviter tout phénomène de contagion, a estimé pour sa part l'Institut de la finance internationale (Ifi), qui représente les créanciers obligataires privés de la Grèce, dans un document.

Selon certains analystes, le document de l'IFI, daté du 18 février, semble vouloir alarmer les investisseurs pour les inciter à participer à l'accord.

CONFIRMATIONS ET REFUS

Des banques grecques détenant 40 à 50 milliards d'euros d'obligations souveraines grecques prendront toutes part à l'offre, ont indiqué des sources bancaires. Par la suite, le gouvernement a confirmé que les six principales banques participeraient à l'échange. UniCredit, principale banque italienne, a annoncé sa participation.

Neuf créanciers supplémentaires importants, tous membres du comité de pilotage de l'IFI qui a aidé à l'élaboration de l'accord, ont dit lundi qu'ils soutiendrait l'accord.

Les banques grecques et les autres membres du comité de pilotage détiennent environ 30% des 206 milliards d'euros d'obligations en circulation.

La plupart des caisses de retraite grecques signeront aussi mais quatre caisses avec des obligations de deux milliards d'euros ont refusé de le faire.

La Grèce veut un taux d'acceptation de l'offre d'au moins 90%. Entre 75% et 90%, la Grèce devrait déclencher des clauses d'action collective (CAC) pour forcer tous les détenteurs à prendre leurs pertes.

Le ministère grec des Finances a démenti mardi une rumeur d'une possible prolongation de son échange de dette au-delà de la date butoir de jeudi.

"Nous rejetons la rumeur d'une prolongation du délai d'échange d'obligations", a dit à Reuters un haut fonctionnaire du ministère grec des Finances.

Il a précisé que les propos tenus lundi à Reuters par le ministre des Finances Evangelos Venizelos, qui excluaient toute extension du délai, restaient valides.

Petros Christodoulou, qui dirige l'agence de gestion de la dette publique, a également rejeté cette rumeur. "Je confirme que la date limite est le 8 mars", a-t-il dit à Reuters.

Les interrogations portent notamment sur la participation à l'opération des "hedge funds" (fonds spéculatifs) qui détiennent environ un quart de la dette grecque aux mains d'investisseurs privés selon des sources du secteur.

Lundi, des sources proches du dossier ont indiqué que la plupart des banques allemandes accepteraient l'accord d'échange de dette, et les banques françaises BNP Paribas et Société générale ont annoncé y prendre part. et

Wilfrid Exbrayat, Jean Décotte et Danielle Rouquié pour le service français

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