La pression fiscale dans les pays riches n'a jamais été aussi élevée

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INFOGRAPHIES - Les recettes fiscales dans les pays de l'OCDE ont représenté en moyenne 34,3% du PIB, un plus haut depuis 1965. Les ménages supportent l'essentiel de cette charge.

Les rentrées fiscales atteignent des sommets dans les pays riches. C'est ce qu'a constaté l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) dans un rapport compilant les données fiscales de 32 de ses pays membres. En 2015, les recettes fiscales ont pesé 34,3% du PIB en moyenne dans ces pays. Ce chiffre, en légère hausse par rapport à 2014 (+0,1%), constitue un plus haut depuis 1965, date à partir de laquelle l'OCDE a commencé à recueillir ces données.

La hausse des recettes fiscales rapportées au PIB a été observée dans 25 des 32 pays étudiés. Les plus fortes ont eu lieu au Mexique (+2,3 points) et en Turquie (+1,3 point). L'Estonie, la Grèce, la Hongrie et la Slovaquie ont également enregistré des «augmentations substantielles». À l'inverse, une baisse a été enregistrée dans sept pays: Norvège, Danemark, Islande, Irlande, Luxembourg, Belgique et Italie. «Les baisses les plus marquées se sont produites en Irlande (-5,1 points), sous l'effet d'une croissance exceptionnellement forte du PIB en 2015, au Danemark (-3 points) et en Islande (-1,8 point)», indique l'OCDE.

Danemark et France, rois de la fiscalité

Dans le classement des pays exerçant la plus forte pression fiscale, le Danemark arrive en tête avec des recettes fiscales représentant 46,6% du PIB en 2015. La France arrive deuxième sur le podium (45,5%), suivie de la Belgique (44,8%). Le Mexique (17,4 %) et le Chili (20,7 %) sont en revanche les pays de l'OCDE qui enregistrent les ratios impôt/PIB les plus bas, suivis de l'Irlande (23,6 %).

L'analyse du détail des recettes fiscales (seulement disponible pour 2014) fait apparaître un fait marquant: les ménages supportent une grosse partie de cette charge fiscale. «La part des impôts sur le revenu des personnes physiques dans les recettes fiscales totales ne cesse de croître depuis la crise tandis que celle de l'impôt sur les bénéfices des sociétés n'a pas encore renoué avec les niveaux d'avant la crise», indique l'OCDE. En effet, l'impôt sur les revenus représentait, en 2014, 24% des recettes fiscales totales (contre 23,7% en 2007, avant la crise). À l'inverse, la part des impôts sur les bénéfices des sociétés s'est établie à 8,8 % en 2014, contre 11,2 % en 2007. Les ménages subissent aussi une forte hausse des cotisations de sécurité sociale depuis la crise. La part de ces dernières dans le total des recettes fiscales est passé de 24,7% en 2007 à 26,8% en 2009 pour finalement légèrement refluer en 2014 à 26,2%. Mais ce sont bien les impôts sur la consommation qui pèsent le plus lourd: 31% des recettes fiscales totales.

Dans cette catégorie, la TVA se démarque. Les recettes tirées de cet impôt indirect ont atteint un record absolu en 2014, soit 6,8% du PIB et 20,1% du montant total des recettes fiscales en moyenne, contre respectivement 6,6% du PIB et 19,8% des recettes fiscales totales en 2012. Les recettes de TVA ont augmenté en pourcentage du PIB dans 22 des 34 pays de l'OCDE appliquant une TVA, constate le rapport. En 2015, les taux normaux de TVA dans ces pays atteignent «un niveau record» selon le rapport, à 19,2% en moyenne. Dans le détail, c'est le grand écart, comme l'indique un autre rapport de l'OCDE: dix pays de l'organisation appliquent une TVA supérieure à 22% (contre seulement quatre en 2008). Parmi eux la Hongrie (27%), la Suède (25%) ou encore la Finlande (24%). À l'opposé, la TVA atteint 5% au Canada, 8% au Japon ou 10% en Australie. Avec ses 20%, la France se rapproche de la moyenne. «Le taux normal moyen des 22 pays de l'OCDE qui sont membres de l'Union européenne (21,7 %) est largement supérieur à la moyenne de l'OCDE», soulignent toutefois les auteurs du rapport.

En résumé, «la part cumulée des impôts sur le revenu des personnes physiques, des cotisations de sécurité sociale et des taxes sur la valeur ajoutée s'est établie à 24,3% du PIB en moyenne en 2014, dépassant tous les chiffres jamais enregistrés depuis 1965», indique l'OCDE.

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  • M8252219 il y a 6 jours

    Lorsque les gouvernements proposent de protéger et d'aider tous les citoyens , de les garantir à tous les soins médicaux , de leurs garantir des indemnités en cas perte de travail , de leur verser des allocations de toutes sortes , logement , familiale , isolation exct .... Premièrement il faut beaucoup de fonctionnaires pour s'occuper de cela en plus du coût de ces redistributions .