La presse philippine s'indigne de propos de Duterte

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    MANILLE, 1er juin (Reuters) - Le président philippin élu, 
Rodrigo Duterte, s'est attiré les foudres de la presse en 
affirmant mardi que des journalistes avaient été assassinés 
parce qu'ils n'étaient pas irréprochables.  
    Cent soixante-quinze journalistes ont été tués depuis 1986 
dans l'archipel, ce qui en fait l'un des pays les plus dangereux 
pour la profession. 
    "La plupart d'entre vous sont propres, mais ne dites pas que 
tous les journalistes le sont. Etre journaliste ne met pas à 
l'abri du meurtre si vous être un fils de pute", a déclaré le 
futur chef de l'Etat, s'adressant à la presse lors d'un 
déplacement à Davao, la ville du sud du pays dont il a été le 
maire. 
    "La plupart de ceux qui ont été tués avaient fait quelque 
chose. On ne se fait pas tuer quand on n'a rien fait de mal", a 
ajouté le futur chef de l'Etat, qui est coutumier de ce genre de 
propos.    
    Ryan Rosuaro, secrétaire général du Syndicat national des 
journalistes philippins, a jugé "affligeant" que le président 
élu trouve une justification à ces meurtres. 
    Herminio Coloma,  porte-parole de la présidence sortante, a 
quant à lui déploré qu'on "suggère que certains journalistes 
aient été agressés ou tués en raison de leur prétendue 
implication dans la corruption des médias".  
    "Il est du devoir du gouvernement d'arrêter, de poursuivre 
et de punir les responsables de violences commises aux dépends 
d'acteurs des médias", ajoute-t-il dans un communiqué. 
    Les propos de Rodrigo Duterte ont également suscité 
l'indignation de l'Association des correspondants étrangers aux 
Philippines, qui rappelle qu'"aux Philippines, les journalistes 
continuent à vivre sous la menace, plusieurs décennies après le 
lancement du combat pour liberté de la presse, au plus fort de 
la dictature de Ferdinand Marcos".  
 
 (Manuel Mogato; Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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