La presse française entre regrets et frustration

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La presse française entre regrets et frustration
La presse française entre regrets et frustration
Au lendemain de l'élimination des Bleus par l'Allemagne en quarts de finale du Mondial, la presse française oscille entre déception et frustration. Mais une ligne directrice ressort : les joueurs de Didier Deschamps ont redoré le blason de la France.

A la lecture des journaux du 5 juillet 2014, les mots-clefs sont légion. Ceux qui, en quelques lettres, donnent une signification simple à un ressenti, une émotion générale. Qu'il s'agisse de « regret », « frustration » ou « fierté », on retrouve les mêmes mots sur les maux bleus. Pêle-mêle, on trouve ainsi plusieurs titres évocateurs dans la presse quotidienne régionale. « Des regrets éternels », pour la Montagne, en passant par « Malédiction » pour Midi Libre, ou « On y croyait... », signé L'Est Républicain. Les Dernières Nouvelles d'Alsace vont plus loin et évoquent un « Retour sur terre » après plusieurs semaines de rêve. La Provence accentue la frustration d'un simple « Cruel », comme pour rappeler que l'Allemagne n'a pas été impressionnante sur cette rencontre. Pour faire écho aux scènes d'après match et la tristesse d'Antoine Griezmann notamment, Var Matin cale sa une sur « La France entre larmes et regrets ». Sud Ouest y ajoute le contexte des intempéries dans la région et publie « Après la pluie, les larmes ».

Lineker avait encore quelque chose à dire

Bref, la presse française est dans son ensemble marquée par cette élimination. De « Frustrant » pour Le Télégramme, on passe à « La fin du rêve » pour Vaucluse Matin. Mais il y a aussi ceux qui pensent déjà plus loin et qui surtout remercient les joueurs de Didier Deschamps. L'Equipe et son « Sortis avec mention » résume bien la situation. Eliminés certes mais avec les honneurs. « Merci quand même ! », vote pour sa part Le Parisien, « Bravo et merci ! », titre Le Progrès. Pour d'autres en revanche, la ranc½ur face aux Allemands se fait ressentir. On sent que la pilule est difficile à passer. Il faut dire que la Mannschaft prend plaisir à éliminer les Bleus. Cette nouvelle désillusion n'atténuera donc jamais les tristes souvenirs de 1982 et 1986. L'Yonne Républicaine en remet une couche avec « Les Allemands brisent le rêve bleu », quand Le Courrier Picard reprend une partie d'une célèbre maxime de Gary Lineker « Toujours l'Allemagne qui gagne... » L'ancien attaquant de l'Angleterre s'est d'ailleurs exprimé sur le sujet vendredi soir sur son compte Twitter. « Le truc avec les Allemands, c'est qu'ils sont allemands... », a-t-il posté. Une nouvelle phrase qui pourrait rester dans les mémoires collectives.

Tristesse pour Neymar, joie pour la presse allemande

Du côté de la presse étrangère, c'est davantage le Brésil qui fait les gros titres. Suprématie oblige, la victoire de la Seleçao est saluée par la Gazzetta dello Sport. En Espagne, on s'inquiète pour le quintuple champion du monde après le forfait de Neymar et l'absence de Thiago Silva, qui sera suspendu en demi-finale. Seul Marca consacre sa une à Toni Kroos, auteur du coup franc sur la tête victorieuse de Hummels. Dans les journaux brésiliens, pas ou peu de ligne sur la performance des Bleus. Evidemment, c'est Neymar qui anime le débat. Le Correio Braziliense titre « La douleur qui a stoppé notre joie » avec une photo de l'attaquant brésilien, au sol et grimaçant de douleurs après sa blessure au dos. Enfin en Allemagne, ils sont deux à faire l'unanimité. Joachim Löw, dont les décisions ont été saluées par la presse en général, et Mats Hummels, héros et meilleur joueur de ce quart de finale. « Oui, oui, oui, Jogi (ndlr : le surnom du sélectionneur Joachim Löw) », jubile Bild. De son côté, Die Welt salue l'état d'esprit d'une Mannschaft qui s'est battue « jusqu'à la dernière minute ». « Hummels a été le grand bonhomme de la rencontre », ajoute le quotidien allemand. « Et maintenant, place au Brésil ! », s'enthousiasme encore Bild. Le site internet du journal sportif pousse même l'hommage par un « Merci, Mats ! » dans la langue de Molière. « Tu es un trésor » en guise de conclusion. L'Allemagne s'est trouvé un nouveau héros.

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