La presse égyptienne veut la démission du ministre de l'Intérieur

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    4 mai (Reuters) - Des milliers de journalistes égyptiens ont 
réclamé mercredi au Caire la démission du ministre de 
l'Intérieur après un raid de la police contre un syndicat de la 
presse et l'arrestation de deux reporters d'opposition, 
rapportent des témoins.  
    Malgré une très forte présence policière devant le siège de 
leur syndicat, quelque 3.000 journalistes ont assisté à une 
réunion d'urgence pour protester contre l'arrestation, dimanche, 
de Mahmoud El Sakka et Amr Badr, qui travaillent tous deux pour 
le site d'opposition Bawabet Yanayer.   
    Les forces de sécurité s'efforcent d'endiguer depuis 
plusieurs semaines une nouvelle vague de contestation en Egypte 
née de la décision du président Abdel Fattah Sissi de restituer 
à l'Arabie saoudite deux îles de la mer Rouge, sur fond de 
difficultés économiques. 
    Des milliers de personnes sont descendues dans les rues le 
15 avril et ont réclamé la "chute du régime", le slogan du 
soulèvement de 2011 contre Hosni Moubarak.   
    "Nous réclamons que la présidence présente des excuses 
claires aux journalistes", a déclaré un responsable du syndicat, 
Karem Mahmoud, en lisant le compte rendu des décisions prises 
pendant la réunion. "Nous réclamons le limogeage du ministre de 
l'Intérieur car il est le principal responsable de cette crise." 
    Plusieurs responsables du syndicat de la presse ont déclaré 
que c'était la première fois dans l'histoire de l'organisation, 
vieille de 75 ans, qu'était mené un tel raid de la police.  
    Aucun responsable n'a pu être joint au ministère de 
l'Intérieur ni à la présidence.  
    Scandant "Le journalisme n'est pas un crime", les 
journalistes présents ont voté pour appeler les journaux à 
publier des unes blanches et à cesser d'appeler le ministre de 
l'Intérieur par son nom, Magdi Abdel Ghaffar.  
    Ils ont également décidé de se réunir à nouveau la semaine 
prochaine pour débattre de l'organisation d'une grève au cas où 
leurs demandes ne seraient pas entendues, rapportent des 
responsables syndicaux.  
    Lundi, le parquet égyptien a déclaré que Sakka et Badr, qui 
sont en prison, faisaient l'objet d'une enquête pour 
"propagation de nouvelles basées sur des mensonges" et 
possession d'armes à feu, entre autres accusations.  
    Le ministère de l'Intérieur a nié que les forces de l'ordre 
aient envahi le bâtiment du syndicat.  
    Plusieurs dizaines de manifestants progouvernementaux se 
sont rassemblés devant le siège du syndicat, dans le centre du 
Caire, en demandant au président Abdel Fattah al Sissi de 
"massacrer" les journalistes, lorsque ces derniers entraient 
dans le bâtiment ou qu'ils en sortaient, rapportent des 
correspondants de Reuters.  
      
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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