La presse britannique fustige le projet d'accord avec l'UE

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 (actualisé avec ancien ministre, réaction de Juncker) 
    LONDRES, 3 février (Reuters) - Certains titres de la presse 
britannique ne cachaient pas leur déception mercredi au 
lendemain de la présentation du projet de réformes dévoilé par 
l'Union européenne en contrepartie du maintien du Royaume-Uni au 
sein du bloc, accusant même le Premier ministre David Cameron 
d'être à sa solde. 
    Le Sun, quotidien le plus vendu en Grande-Bretagne, qualifie 
mardi l'accord soutenu par le dirigeant conservateur de "tas de 
fumier nauséabond ", tandis que d'autres évoquent une 
"mascarade", "une farce", ou encore "un délire". 
    Le Premier ministre aura fort à faire pour convaincre les 
eurosceptiques, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de son 
parti, que cet accord représente la meilleure synthèse possible 
des intérêts européens et britanniques. 
    David Cameron a annoncé que si l'accord est entériné par les 
27 autres membres de l'UE, il ferait campagne en faveur du "oui" 
lors d'un référendum sur l'adhésion à l'UE qui pourrait se tenir 
dès juin, ajoutant que les nouvelles conditions sont "si bonnes" 
qu'il militerait pour rejoindre l'UE si le pays n'en était pas 
déjà membre. 
    Une grande partie de la presse, à droite, lui reproche 
d'avoir abandonné deux des questions les plus importantes aux 
yeux des électeurs: l'immigration et le retour de certains 
pouvoirs de Bruxelles vers Londres. 
    "L'accord de Bruxelles ne fait rien pour arrêter les 
migrants, ni pour regagner des pouvoirs pour la 
Grande-Bretagne", écrit le Sun, détenu par le magnat de la 
presse Rupert Murdoch, tandis que le Daily Mail, proche des 
conservateurs, accuse David Cameron d'être un illusionniste qui 
"vend les intérêts du pays". 
    Le Premier ministre doit s'adresser mercredi au Parlement, 
où l'attendent les questions et critiques des eurosceptiques, y 
compris au sein du Parti conservateur. 
    Il devra également s'efforcer de convaincre les membres de 
son gouvernement, dont certains ont fait savoir qu'ils 
n'excluaient pas de faire campagne pour le "non". 
    Selon Liam Fox, ancien secrétaire conservateur à la Défense 
et euroseptique influent à Westminster, cinq ministres du 
gouvernement Cameron pourraient soutenir le "Brexit". 
    David Cameron a prévenu qu'il laisserait ses ministres mener 
campagner pour un camp ou un autre une fois qu'un accord aura 
été conclu avec Bruxelles. 
    Certains proches de David Cameron, à commencer par le maire 
de Londres, Boris Johnson, ont eux aussi fait part de leurs 
doutes. "Beaucoup vont penser qu'il reste encore beaucoup à 
faire", a dit Boris Johnson. 
    L'accueil est bien plus favorable dans les capitales 
européennes, à Bruxelles notamment où le président de la 
Commission européenne a estimé qu'il s'agissait d'un accord 
juste pour toutes les parties impliquées. 
    "J'ai toujours dit que je souhaitais que le Royaume-Uni 
reste membre de l'Union européenne sur la base d'un accord 
équitable. Ce qui a été proposé est juste pour le Royaume-Uni et 
juste pour les 27 autres Etats membres", a déclaré Jean-Claude 
Juncker. 
 
 (Elizabeth Piper; Julie Carriat et Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
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