La presse accusée de faire trop de bruit sur les "couacs"

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LA PRESSE ACCUSÉE DE FAIRE TROP DE BRUIT SUR LES "COUACS"
LA PRESSE ACCUSÉE DE FAIRE TROP DE BRUIT SUR LES "COUACS"

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a reproché mercredi aux journalistes de monter en épingle les ratés de sa communication et à la presse de se borner à relater "l'écume des choses".

Interrogée sur l'agacement du gouvernement envers le mot "couac", largement employé par la presse ces dernières semaines, la porte-parole du gouvernement a fait part de sa frustration.

"Je n'ai rien contre le mot 'couac' dans l'absolu, j'aimerais simplement que vous preniez le temps de réfléchir à la définition du mot 'couac', ce que, à mon sens vous ne faites pas toujours suffisamment", a dit Najat Vallaud-Belkacem, lors du compte rendu du conseil des ministres.

"Un différend politique n'est pas un 'couac', une divergence d'interprétation n'est pas un 'couac', un couac c'est une fausse note", a ajouté la benjamine du gouvernement.

"Or, en l'occurrence, dans ce gouvernement j'ai le sentiment que le Premier ministre est le chef d'orchestre, d'un orchestre qui marche plutôt bien", a-t-elle poursuivi.

Selon le Littré, un couac "s'emploie surtout pour désigner une fausse note en musique".

De nombreux conseillers et membres du gouvernement ne cachent plus leur agacement sur la façon dont une partie de la presse taxe le gouvernement d'amateurisme ou lui fait le procès de manquer de cohérence politique.

"Par ailleurs, je trouve que dans la façon dont vous observez, vous commentez l'activité du gouvernement, vous faites beaucoup de mousse avec peu de savon", a encore dit la porte-parole du gouvernement avant d'enfoncer le clou.

"Sans doute les Français gagneraient à ce que vous leur présentiez plus en détails les réformes de fond que nous entreprenons, ce qu'elles changent à leur vie quotidienne, plutôt que l'écume des choses".

Revenant mardi sur ses passes d'armes avec l'opposition, Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait aussi fait part de son agacement, évoquant des polémiques qui "ne servent pas à grand-chose" ou la politique qui "se caricature elle-même".

Le gouvernement avait compté sur l'image d'unité affichée le week-end dernier au congrès du Parti socialiste à Toulouse pour entamer la reconquête de l'opinion après des semaines marquées par un procès en incompétence instruit par l'opposition de droite et une partie de la presse.

Les débats sur la compétitivité, la dépénalisation du cannabis, le droit de vote des étrangers ou encore le mariage homosexuel ont nourri une cacophonie dans la communication gouvernementale.

Mardi, une phrase de Jean-Marc Ayrault sur un éventuel retour aux "39 heures", vite corrigée par le Premier ministre lui-même, a alimenté une nouvelle polémique avec la droite, cette fois sur le bilan de la réduction du temps de travail.

Julien Ponthus, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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