La présidentielle peut-elle se passer de Marine Le Pen ?

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DÉBAT SUR L?ABSENCE ÉVENTUELLE DE MARINE LE PEN À LA PRÉSIDENTIELLE
DÉBAT SUR L?ABSENCE ÉVENTUELLE DE MARINE LE PEN À LA PRÉSIDENTIELLE

par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Certains disent ne pas s'en soucier, d'autres ne pas y croire mais tout le monde en parle : le débat sur la possible absence de Marine Le Pen à l'élection présidentielle est au coeur de la campagne.

Difficile en effet d'imaginer qu'une candidate qui recueille de 15 à 20% d'intentions de vote selon les sondages doive renoncer à se présenter faute d'avoir recueilli les 500 parrainages d'élus nécessaires.

La fille de Jean-Marie Le Pen "bluffe", dit-on au Parti socialiste comme à l'UMP, en rappelant que le Front national entonne à chaque présidentielle la même complainte et a toujours réussi, depuis 1988, a récolter les précieux paraphes.

"Les séances d'indignation, de médiatisation et de victimisation du Front national, on en est coutumier depuis 20 ou 30 ans", a ainsi déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse.

Cela n'a pas empêché la présidente du FN de réaffirmer son pessimisme : "Des parrainages arrivent tous les jours mais le rythme est trop lent pour nous rassurer", a-t-elle déclaré mercredi lors d'un voyage à La Réunion. "Il y a clairement une volonté de m'empêcher d'être candidate."

Son entourage a déclaré à Reuters qu'elle ne disposait que de 360 promesses et qu'elle était en retard dans son tableau de marche par rapport aux signatures promises à son père Jean-Marie Le Pen en 2002 et en 2007.

Même si certains, à droite comme à gauche, notamment Alain Juppé et François Hollande, ont estimé que la sensibilité que représente Marine Le Pen devait être représentée, le Front national juge que Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste souhaitent l'un comme l'autre écarter une rivale menaçante.

"Tous les deux ont envie de se retrouver face à face et ils font tout ce qu'ils peuvent, par la propagande et l'intimidation, pour empêcher Marine Le Pen d'être candidate", a ainsi déclaré sur France 2 le président du comité de soutien de Marine Le Pen, Gilbert Collard.

UN ÉCHEC POUR LA "DÉDIABOLISATION"

D'autres observateurs font valoir que le souci du président serait plutôt de convaincre une frange des sympathisants du Front national de voter pour lui dès le premier tour, une tactique qui expliquerait les récentes prises de position du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, sur l'immigration ou encore ses propos controversés sur les civilisations.

Si les dirigeants politiques semblent divisés, la plupart des Français s'accordent à dire que Marine Le Pen doit pouvoir être candidate.

"Même si une très large majorité de Français ne partagent pas les convictions ou les prises de position du Front national, vous avez une proportion de 60 à 70% de Français qui considèreraient choquant qu'un courant de pensée qui représente de 15 à 20% du corps électoral ne puisse pas être représenté", explique à Reuters Jérôme Fourquet, de l'institut Ifop.

Pour le politologue Stéphane Rozès, la difficulté de Marine Le Pen à séduire les maires témoigne à la fois des limites du système des parrainages, destiné à l'origine à éliminer les candidats fantaisistes, et du relatif échec de l'entreprise de "dédiabolisation" du Front national menée par sa présidente.

"La difficulté de Marine Le Pen à obtenir ses signatures est révélatrice du fait qu'un parti légal n'est pas considéré par nos élus comme un parti comme les autres, en dépit des évolutions idéologiques de Marine Le Pen", dit à Reuters le président de la société de conseil Cap.

En attendant le verdict, le 16 février, du Conseil constitutionnel sur la requête de Marine Le Pen de rendre les parrainages anonymes, la classe politique s'interroge déjà sur les conséquences d'une présidentielle sans la nouvelle figure de proue du FN.

À QUI PROFITE LE CRIME ?

A qui profiterait son absence ?

A l'abstention, beaucoup, et aussi à Nicolas Sarkozy, du moins au premier tour, répondent les sondages.

Une enquête Ifop montre ainsi que le président sortant serait placé, dans ce cas de figure, à égalité d'intentions de vote au premier tour avec François Hollande (33%). Quant au taux d'abstention, il atteindrait 22%.

"Plus de 40% des électeurs de Marine Le Pen pourraient se réfugier dans l'abstention si d'aventure elle n'était pas présente", précise Jérôme Fourquet.

"L'électorat frontiste est assez composite. Dans un second tour classique entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, vous avez 40% à peu près qui s'abstiennent, un petit 40% qui votent Sarkozy et 20, 25% qui voteraient pour Hollande."

Ce scénario de report des voix s'appliquerait au premier tour si Marine Le Pen n'y figurait pas, ajoute-t-il.

Nicolas Sarkozy bénéficierait ainsi d'un sérieux coup de pouce mais cela ne résoudrait pas son problème pour le second tour, pour lequel François Hollande demeurerait le net favori.

Autre souci en perspective pour la majorité, l'électorat frontiste pourrait dans la foulée se mobiliser en masse pour les législatives, si souvent marquées par le passé par des désillusions pour le Front national.

"Ça pourrait décupler l'ardeur de ceux qui n'auront pas pu s'exprimer au premier tour et voudront faire payer le fait qu'on leur aura volé leur scrutin", prédit Jérôme Fourquet.

Marine Le Pen pourrait ainsi obtenir une victoire différée et progresser dans son objectif d'inscrire durablement sa formation dans le paysage politique français.

Avec Marine Veith à La Réunion et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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  • bercam01 le mercredi 8 fév 2012 à 16:47

    A BAS LA CENSURE !

  • cyrilc1 le mercredi 8 fév 2012 à 16:31

    M3101717 passes à autre chose! il est temps de grandir et d'arrêter d'évoquer des faits autres que dans notre pays! les cultures sont différentes et les droits aussi. Arrêtes d'être stupide!

  • M4841131 le mercredi 8 fév 2012 à 16:26

    les voleurs de PS et UMP, dehors, mon vote aux 2 tours sera pour le FN même si il n'est présent.

  • M3101717 le mercredi 8 fév 2012 à 16:26

    Séchez tous vos larmes et... Soutenez le Gouvernement hongrois ! D'extrème Droite lui aussi (mais élu), il rame un petit peu en ce moment. Ou faites comme l'héritière, passez le week end en Autriche :-) Nostalgiques !!

  • marconge le mercredi 8 fév 2012 à 16:13

    Tout à fait, peut importe le président, seul compte les députés. Et à ce jeu, le FN peut être gagnant, à défaut d'être hyper gagnant. Un président sans une majorité de député de son bord est un guignol.

  • M2159179 le mercredi 8 fév 2012 à 16:11

    Je ne vote pas Fn, je ne partage pas les idées du FN, notamment quitter l'euro, fermer plus ou moins les frontières etc. Mais si la règle est d'interdire ceux qui ne pensent pas comme soi, alors pour ce qui me concerne il faudrait également empêcher François Hollande de se présenter ... Cela devient anti démocratique et stupide !

  • georg199 le mercredi 8 fév 2012 à 16:03

    j'ajoute que, par contre, il faudra soutenir le FN aux Législatives car là le FN a des chances d'avoir un bonnombre de députés et donc ni PS ni UMP ne pourront les ignorer et devront faire avec....ça me semble plus important que la présecne du FN aux présidentielles

  • M3101717 le mercredi 8 fév 2012 à 16:01

    La Démocratie pourrait alors respirer. Si seulement c'était vrai !! Et comme chaque année, tous les gogos s'affolent, s'arrachent les cheveux ou se roulent au sol en criant à la conspiration, au viol des droits fondamentaux, au non respect des fa chauds ! Elle doit bien rire l'Héritière dans son château familial :-)

  • georg199 le mercredi 8 fév 2012 à 15:53

    laquitta /C'est bien ce que je disais : voter FN aux présidentielles est un vote inutile car elle ne peut pas être élue et s'abstenir ou voter blanc ou bulletin trafiqué, c'est voter Hollande

  • marconge le mercredi 8 fév 2012 à 15:50

    Empêcher que 20-25% des français puissent voter, c'est du fascisme.