La présidentialisation au coeur de la campagne en Turquie

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ANKARA, 15 avril (Reuters) - La rédaction d'une nouvelle constitution en vue d'instaurer un régime présidentiel en Turquie, comme le veut le président Recep Tayyip Erdogan, devra être la priorité du parlement issu des élections de juin prochain, a souligné mercredi le Premier ministre Ahmet Davutoglu. Présentant le programme de l'AKP (Parti pour la justice et le développement) pour le scrutin législatif du 7 juin, le chef du gouvernement a souligné la nécessité de rédiger une nouvelle constitution pour permettre la mise en place d'un système présidentiel. L'actuelle loi fondamentale, rédigée après le coup d'Etat de 1980, porte encore la marque des militaires malgré les nombreuses révisions opérées depuis lors. "Il est nécessaire de restructurer le système administratif dans le sens d'un régime présidentiel pour clarifier les responsabilités de chacun", a déclaré Ahmet Davutoglu lors d'une réunion publique de l'AKP à Ankara. Le président Erdogan, qui n'est plus à la tête du parti qu'il a fondé, espère que 400 candidats de l'AKP seront élus en juin. Il lui faut au moins 330 sièges pour faire modifier la constitution par référendum, 367 par la seule voie parlementaire sans avoir à passer par un vote populaire. Cet objectif n'est pas assuré. Cinq instituts de sondage prévoient un recul de l'AKP lors des élections législatives. Cette baisse serait d'un à huit points de pourcentage, selon les différentes enquêtes. En 2011, l'AKP avait remporté 49,8% des voix et 312 sièges. Pour le Metropoll Research Center, le parti au pouvoir est aujourd'hui crédité de 41,7% des voix, une baisse qui profite au parti laïque d'opposition MHP. Si cela se confirme dans les urnes, l'AKP aura du mal à obtenir la majorité simple de 276 sièges et devra trouver des partenaires de gouvernement, ce qu'il n'a jamais eu à faire jusqu'ici. Le projet de présidentialisation du régime semble expliquer en grande partie cette chute, de nombreux électeurs craignant l'instauration d'un pouvoir personnel. L'institut de sondage AG Research prévoit que l'AKP obtiendra entre 276 et 290 sièges. Les instituts Genar et Mak le créditent de 47 ou 48%. Le parti pro-Kurdes HDP, selon les cinq sondages, approcherait des 10% des voix nécessaires pour entrer au Parlement. (Ercan Gurses, Tulay Karadeniz, Gulsen Solaker et Humeyra Pamuk; Guy Kerivel pour le service français)

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