La présidente sud-coréenne propose d'abandonner le pouvoir

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    par Ju-min Park 
    SEOUL, 29 novembre (Reuters) - La présidente sud-coréenne 
Park Geun-hye, éclaboussée par une sérieuse affaire de trafic 
d'influence, a demandé mardi au Parlement de trouver un moyen 
pour lui permettre de quitter le pouvoir et de décider de la 
date de sa démission. 
    Le Parti démocrate, la principale formation de l'opposition, 
a dit voir là une manoeuvre pour éviter une procédure en 
destitution, écrit mardi l'agence de presse Yonhap. Ce parti 
entend poursuivre ses efforts pour la destituer, ajoute 
l'agence, qui cite son porte-parole Youn Kwan-suk. 
    "Je vais laisser au Parlement le soin d'organiser tout ce 
qui concerne mon avenir, notamment la réduction de mon mandat", 
a annoncé la présidente dans une brève allocution télévisée. 
    "Je démissionnerai de ma fonction en conformité avec la loi 
une fois qu'une transition stable aura été mise en place, qui 
minimisera les remous et le vide politiques, cela après des 
consultations entre les partis dans l'opposition et au pouvoir", 
a-t-elle ajouté. 
    Après l'inculpation d'une de ses proches amies, Choi 
Soon-sil, et d'un ex-conseiller, An Chong-bum, pour abus de 
pouvoir, la présidente est plus impopulaire que jamais et les 
appels à sa démission se sont accumulés dans les dernières 
semaines, sur fond de manifestations monstres. La cote de 
popularité de la présidente, qui a présenté des excuses 
publiques pour avoir laissé son amie s'immiscer dans les 
affaires de l'Etat, est tombée à 4%. 
     
    SCRUTIN DANS LES 60 JOURS 
    Les enquêteurs du ministère public veulent savoir si la chef 
de l'Etat a fait pression sur les patrons des grands 
conglomérats du pays, les "chaebols", pour lever des fonds pour 
deux fondations au centre de l'affaire de trafic d'influence. 
    L'amie de la présidente est accusée d'avoir utilisé ses 
relations avec Park Geun-hye pour s'immiscer dans les affaires 
de l'Etat et exercer son influence dans le monde de la culture 
et du sport. 
    Leur amitié remonte à la période où Park Geun-hye jouait le 
rôle de "première dame" par intérim, après le meurtre de sa 
mère, tombée sous une balle en fait destinée à son père, 
l'autocrate Park Chung-hee. Cinq ans plus tard, en 1979, le père 
de l'actuelle présidente était assassinée par le chef des 
services de renseignement. 
    Certains députés du parti conservateur Saenuri (au pouvoir) 
ont demandé à Park de démissionner dans le cadre d'un accord qui 
lui permettrait de partir dans la dignité. 
    Samedi, des centaines de milliers de Sud-Coréens se sont 
rassemblés pour le cinquième week-end consécutif en réclamant la 
démission de la présidente. Selon les organisateurs, 1,5 million 
de personnes ont manifesté dans Séoul, tandis que la police a 
évalué la foule à 260.000 personnes. 
    Aucun chef de l'Etat sud-coréen n'est allé au bout de son 
mandat depuis la mise en place d'un système démocratique en 
1987. Si Park venait à être destituée ou à démissionner, un 
scrutin serait organisé dans les 60 jours pour élire un nouveau 
président à un mandat de cinq ans. 
 
 (Ju-min Park et Jack Kim; Julie Carriat et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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