La présidente de Corée du Sud de plus en plus isolée

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LA PRÉSIDENTE SUD-CORÉENNE A TREMPÉ DANS UNE AFFAIRE DE CORRUPTION, SELON LE PARQUET
LA PRÉSIDENTE SUD-CORÉENNE A TREMPÉ DANS UNE AFFAIRE DE CORRUPTION, SELON LE PARQUET

SEOUL (Reuters) - La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, a, selon le parquet, trempé dans une affaire de corruption qui secoue le pays et sa capacité à rester en poste apparaît de plus en plus compromise.

Une amie de la présidente, Choi Soon-sil, et un ancien conseiller présidentiel, An Chong-bum, ont été officiellement inculpés d'abus de pouvoir, ont annoncé dimanche les services judiciaires.

On leur reproche d'avoir fait pression sur de grands groupes industriels pour qu'ils contribuent au financement de deux fondations.

Les enquêteurs estiment que la présidente Park a été complice dans cette affaire, mais elle ne peut être inculpée compte tenu de l'immunité que lui accorde la Constitution.

"Nous continuerons néanmoins à enquêter sur la présidente", a déclaré le chef du bureau du procureur du district central de Séoul, Lee Young-ryeol.

Ces derniers développements judiciaires risquent d'accroître la pression sur la présidente pour l'amener à démissionner, dit-on dans les milieux politiques. Ou conduire l'opposition à engager, comme elle le menace, une procédure d'empêchement.

Samedi, plusieurs centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour le quatrième week-end d'affilée de manifestations contre la présidente Park, dont le mandat de cinq ans s'achéve normalement en février 2018.

Elle a exprimé des excuses publiques à deux reprises à propos de ce scandale et proposé de coopérer avec l'opposition à la formation d'un nouveau gouvernement et de renoncer à certaines prérogatives. Sans parvenir à désamorcer la crise.

Sa cote de popularité est tombée à 5%, ce qui est sans précédent pour un chef de l'Etat en Corée du Sud depuis l'avènement de la démocratie en 1988.

Selon le parquet, il est reproché à Choi Soon-sil d'avoir travaillé avec An Chong-bum pour faire pression sur des dizaines de conglomérats afin de lever 77,4 milliards de wons (60 millions d'euros) pour le compte de deux fondations à but non lucratif.

Un troisième ancien conseiller présidentiel, Jeong Ho-seong, a été inculpé pour avoir transmis des informations classées confidentiel à Choi Son-sil.

(Ju-min Park, Danielle Rouquié et Gilles Trequesser pour le service français)

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