La présidente argentine impute la mort d'un procureur à une conspiration

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BUENOS AIRES, 22 janvier (Reuters) - La mort du procureur argentin enquêtant sur l'attentat contre un centre communautaire juif en 1994 à Buenos Aires n'est pas un suicide, a déclaré jeudi la présidente Cristina Fernandez, que le magistrat accusait d'obstruction à ses investigations. Alberto Nisman a été retrouvé sans vie dimanche soir dans son appartement du quartier chic de Puerto Madero, à Buenos Aires. Les autorités judiciaires ont estimé dans un premier temps que le procureur Nisman était seul au moment de sa mort, sans exclure toutefois qu'il ait été poussé au suicide. L'arme de calibre .22 retrouvée à ses côtés est bien l'arme responsable de sa mort, mais aucune trace de poudre n'a été découverte sur ses mains lors de l'autopsie, réfutant donc la thèse du suicide. Le procureur Nisman a été retrouvé mort quelques heures seulement avant qu'il ne soit entendu par une commission parlementaire. Il enquêtait sur l'attentat à la bombe contre le siège de l'Association mutuelle israélite d'Argentine (AMIA) qui a fait 85 morts et plus de 200 blessés en juillet 1994. La semaine dernière, il avait accusé la présidente argentine d'avoir tenté de couvrir les preuves mettant en cause des Iraniens afin de renouer des relations diplomatiques et commerciales avec Téhéran. Sa mort mystérieuse a conduit des milliers de personnes à manifester pour obtenir que la vérité soit faite sur son décès, mais aussi sur l'attentat de 1994. Dans un message posté jeudi sur Facebook, Cristina Fernandez écarte la thèse du suicide et incrimine une conspiration visant à salir son nom à elle sans pour autant fournir de précisions sur ses membres. "Ils l'ont utilisé quand il était vivant puis ils l'ont tué lorsqu'ils en ont eu besoin", dit-elle, ajoutant que le décès du procureur Nisman était "triste et horrible". D'après le gouvernement argentin, qui a qualifié de "ridicules" les accusations du procureur, Nisman avait été induit en erreur par deux hommes qui lui avaient été présentés à tort comme membre des services de renseignement. "Les accusations de Nisman se sont non seulement effondrées, mais sont aussi devenues un véritable scandale politique et juridique. Là est la clef: le procureur Nisman ignorait que ces hommes identifiés comme des agents du renseignement n'en étaient pas", poursuit Fernandez. "Des espions qui n'en étaient pas, des questions qui deviennent des certitudes, ce suicide dont je suis à présent convaincue qu'il n'en était pas un", ajoute-t-elle. Mais la présidente argentine ne donne aucun nom. La police n'a procédé de son côté à aucune arrestation. (Hugh Bronstein et Maximiliano Rizzi; Henri-Pierre André pour le service français)

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