La présidence de l'UE plus souple sur le trading pour compte propre

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(Actualisé avec propos de Danièle Nouy) par Huw Jones LONDRES, 31 mars (Reuters) - Un document de la présidence de l'Union européenne préconise d'abandonner le projet d'interdiction du trading pour compte propre des banques au motif qu'il faut favoriser les flux de capitaux pour alimenter la reprise économique. Après la crise financière, la Commission européenne a proposé de limiter et d'encadrer les d'activités de marché des banques afin de préserver la stabilité du système financier. La Lettonie, qui occupe actuellement la présidence de l'UE, souhaite réviser le projet de loi afin de supprimer l'interdiction de trading pour compte propre, selon le document que Reuters a pu consulter mardi. Plutôt qu'une interdiction pure et simple, le texte prône une séparation obligatoire de ces activités, dans un cadre strict où les risques excessifs seraient clairement identifiés. Des banques ont d'ores et déjà averti qu'une séparation structurelle exacerberait l'illiquidité de certains marchés, un point auquel l'UE est de plus en plus sensible. L'assouplissement du projet de législation de la Commission est soutenu par plusieurs Etats membres, dont la France, qui, comme la Banque centrale européenne (BCE), demandent que l'encadrement des activités de marché ne soient pas préjudiciable au financement de l'économie. Danièle Nouy, la présidente du conseil de supervision de la BCE - l'instance qui sera chargée d'appliquer la nouvelle réglementation - a invité mardi les parlementaires à être "très prudents avec les opérations de tenue de marché, qui aident les entreprises à se financer." "Le superviseur doit avoir une certaine marge de manoeuvre, rien ne doit être totalement automatique, quels que soient les critères retenus, car c'est mieux ainsi quand il s'agit de financer nos économies", a-t-elle dit devant la Commission des affaires économiques du Parlement européen, qui aura comme les Etats son mot à dire sur les nouvelles règles. La présidence lettone propose aussi d'autres changements, en permettant par exemple aux banques de détenir en propre une entité de trading. Certains parlementaires redoutent qu'au bout du compte le texte final soit très éloigné des intentions initiales de l'exécutif européen. "On en est très très loin", a déclaré mardi le député Vert Philippe Lamberts à la Commission des affaires économiques. (Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • a.guer le mardi 31 mar 2015 à 17:06

    Ben voyons ! Maintenant que les banques savent qu'en cas de lourdes pertes sur ces produits, les Etats viennent à leur rescousse, alors recommençons allègrement à faire prendre des risques aux banques, elles trouvent ça plus amusant et plus rémunérateur que de prêter aux entreprises !