La première éolienne offshore de France érigée au Carnet

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par Guillaume Frouin

CARNET, Loire-Atlantique (Reuters) - La toute première éolienne offshore française est actuellement érigée par Alstom au Carnet (Loire-Atlantique), un site terrestre où un projet de centrale nucléaire a été combattu pendant vingt ans, avec succès, par les écologistes.

Cette éolienne géante, dotée des plus longues pales et de la plus puissante turbine au monde, a vocation à servir de tests pour l'exploitation et la maintenance des cinq premiers champs d'éoliennes offshore qui vont être établis au large des côtes françaises.

Dans ce cadre, trois consortiums, menés par EDF Energies nouvelles, GDF Suez et l'espagnol Iberdrola, ont déposé le 11 janvier des offres auprès de la Commission de régulation de l'énergie, avant une présélection en avril et une attribution définitive des projets en 2013.

Associé à EDF, Alstom prévoit ainsi la construction de quatre usines à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et Cherbourg (Manche), ainsi que la création de 7.500 emplois. Le fournisseur conditionne toutefois son investissement de "plus de 100 millions d'euros" à l'obtention d'au moins trois des quatre champs d'éoliennes sur lesquels il s'est porté candidat.

"Cela fait vingt ans que Alstom n'a pas construit d'usine en France, c'est une opportunité à saisir qui serait un symbole fort", a déclaré aux journalistes Frédéric Hendrick, vice-président en charge des éoliennes offshore chez l'équipementier.

"JOUJOU D'ESSAIS"

Le projet industriel du groupe français permettrait aussi à terme de reconvertir les ouvriers du chantier de l'EPR de Flamanville (Manche) "du nucléaire vers les énergies nouvelles", a-t-il ajouté.

L'Haliade 150 - qui tire son nom des nymphes des mers de la mythologie grecque - verra ses pales géantes tourner pour la première fois d'ici un mois. Haute comme une demi-tour Eiffel, ce "joujou d'essais" des ingénieurs d'Alstom va alimenter en électricité 8.000 riverains.

Dotée d'une autorisation d'installation temporaire en raison d'imbroglios juridiques, elle a toutefois vocation à être démontée dans cinq ans, pour être réimplantée en mer.

A l'instar d'Alstom, son concurrent Areva - fournisseur de GDF Suez en Normandie et d'Iberdrola en Bretagne - espère lui aussi bénéficier du projet français pour pouvoir vendre ensuite sa technologie à l'étranger.

L'appel d'offres du gouvernement français porte au total sur 500 à 600 éoliennes réparties sur cinq zones, qui devraient représenter une puissance cumulée de 3.000 mégawatts (MW) et un investissement de 10 milliards d'euros.

Edité par Patrick Vignal

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  • paumont1 le lundi 13 fév 2012 à 17:44

    enfin! je commençais, comme beaucoup d'autres, à croire que les usines des éoliennes qui nous seront nécessaires, seraient construites en chine...