La poussée de croissance de Lucas ne doit pas s'arrêter là

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La poussée de croissance de Lucas ne doit pas s'arrêter là
La poussée de croissance de Lucas ne doit pas s'arrêter là

En progrès depuis le début de l'année 2016, Lucas a intégré l'équipe-type du PSG et devrait débuter mercredi contre Manchester City. Et pourtant, il doit en faire encore plus pour s'imposer à long terme dans un club aux ambitions européennes.

C’est l’excellente surprise de la saison du PSG, celle que le club espérait depuis si longtemps qu’il finissait par ne plus y croire. Lucas Moura (23 ans) s’est révélé au moment où il n’était plus attendu. L’arrivée d’Angel Di Maria, la forme de Javier Pastore en 2014-15 et les qualités de finisseur d’Edinson Cavani devaient le pousser pour de bon sur le banc des remplaçants cette saison. Et pourtant, l’ailier international brésilien (34 sélections) s’est fait une place dans l’équipe-type du PSG. Il devrait être vraisemblablement titulaire mercredi pour le quart de finale aller de Ligue des Champions contre Manchester City (20h45) et animer un couloir gauche où la présence de Di Maria à droite l’a obligé à s’exiler. Une juste récompense de sa montée en puissance, symbolisée par un match plein contre Chelsea en huitième de finale retour (1-2), dans la rencontre le plus importante de la saison des Parisiens jusqu’à présent. Sa marge de progression se situait notamment là, son impact sur les rendez-vous européens de son équipe étant clairement suffisant. Mais elle était aussi ailleurs, dans un jeu inadapté aux standards du Vieux Continent.

Toujours la même rengaine avec Lucas

Ce constat commençait à sérieusement agacer Laurent Blanc fin 2015. « Cela arrive de louper des match, mais si vous regardez les stats de Lucas, il a joué beaucoup de matchs en tant que titulaire, avait lâché l’entraîneur du PSG après une énième prestation sans relief de l’ancien de Sao Paulo, à Angers début décembre (0-0). C’est un garçon qu’il faut aider comme tous mais il faut aussi regarder la réalité en face. » La réalité, c’est que Lucas n’avait pas, ou trop peu, progressé depuis son arrivée à Paris, effective à l’hiver 2013. Toujours la même inefficacité devant le but, toujours la même tendance à dribbler tête baissée sans regarder ses partenaires, toujours la même incapacité à donner la bonne passe au bon moment et dans le bon espace. Son transfert à quarante-cinq millions d’euros supposait un investissement sur l’avenir des dirigeants du club de la Capitale et un pari sur l’évolution d’un joueur issu de la génération Neymar. Les deux hommes n’ont franchement pas suivi la même courbe de progression depuis leur transfert en Europe, intervenu à six mois d’intervalle. Ça, c’était avant le déclic.

Lucas : « J’écoute tout le temps le coach »

Le destin s’en est mêlé pour pousser Lucas sur le devant de la scène. Un pépin physique a contraint Cavani à renoncer au dernier match avant la trêve hivernale. Le trio Ibrahimovic-Di Maria-Lucas a fait des merveilles à Caen (0-3) et convaincu un Laurent Blanc qui se languissait de voir la complémentarité du trio s’exprimer. Avec surtout un Lucas enfin au niveau attendu. « C’est un garçon pétri de qualités mais encore faut-il qu’elles soient mises au service du collectif, soupirait le technicien cévenol à la mi-janvier. On fait un travail individuel avec lui. Depuis le match à Caen, où il a été bon, il progresse. Il doit continuer à être dans cet état d’esprit, à avoir conscience que le foot est un sport collectif, qu’on ne peut pas toujours jouer de façon individuelle. On dit souvent que Lucas peut être meilleur. Là, il fait de bonnes choses, il faut le lui dire aussi. » « Mon travail est d’aider l’équipe, soit avec un but, une passe décisive ou un effort défensif. Je suis là et maintenant, je pense que j’ai compris ce que Laurent Blanc veut de moi, confiait Lucas en janvier. Je suis jeune et je suis tout le temps en train d’apprendre quelque chose. J’écoute tout le temps le coach et les joueurs qui ont plus d’expérience que moi. Comme ça, je vais progresser encore plus. »

Sur un siège éjectable

Lucas sait qu’il doit viser plus haut pour définitivement s’imposer comme un membre à part entière du PSG. Il n’a pas encore converti tous les sceptiques, séduit tous ceux qui s’interrogent sur sa faculté à jouer un rôle-clé en Ligue des Champions. Parce que comme le club dans son entier, les joueurs sont avant tout jugés sur la C1 et Lucas affiche des chiffres trop maigres dans cette compétition (deux buts, tous cette saison, et trois passes décisives en vingt-neuf matchs disputés). Ce n’est pas un hasard si des rumeurs d’une arrivée de Neymar l’été prochain ont surgi en ce début de semaine. Il est le premier concerné par ces bruits, assis sur un siège éjectable. Plus qu’un Cavani qui pourrait être le seul attaquant de pointe de l’effectif en cas de départ d’Ibrahimovic. Plus qu’un Di Maria dont l’influence sur le jeu parisien est déjà énorme. Plus qu’un Javier Pastore au profil si différent et à la palette technique si étoffée. « J’espère que je vais rester longtemps, c’est mon objectif, a lâché Lucas lundi dans un questions-réponses organisé avec les lecteurs du Parisien. J’adore le club et la vie à Paris. Je veux gagner beaucoup de titres et construire mon histoire ici. » Il sait ce qu’il lui reste à faire. Si possible lors de la double confrontation contre Manchester City.

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