La Pologne amende sa réforme constitutionnelle avant l'Otan

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    VARSOVIE, 7 juillet (Reuters) - Le parti conservateur au 
pouvoir en Pologne a déposé dans la précipitation jeudi au 
parlement une version amendée de sa réforme constitutionnelle 
pour tenter de rassurer ses alliés occidentaux quelques heures 
avant l'ouverture du sommet de l'Otan à Varsovie. 
    L'opposition a estimé que ces changements de dernière minute 
ne seraient pas suffisants pour lever les inquiétudes des 
Etats-Unis et de l'Union européenne. La Commission européenne a 
lancé une procédure de surveillance du respect de l'Etat de 
droit en Pologne.    
    Les Etats-Unis ont fait pression sur le gouvernement 
conservateur pour résoudre le problème avant le sommet de l'Otan 
de vendredi et samedi, d'après des diplomates. 
    Le parti Droit et Justice (PiS) a principalement renoncé 
jeudi à une augmentation du nombre de juges requis pour prendre 
une décision, un des points qui concentrait le plus de 
critiques.  
    Mais le parti a gardé une proposition qui contraindrait le 
président de l'équivalent polonais du Conseil constitutionnel à 
nommer des magistrats choisis par le PiS si la réforme était 
finalement promulguée. 
    "Cette loi amendée est encore une nouvelle tentative de 
soumettre la Cour au pouvoir exécutif, et nous avons peur 
qu'elle bloque tous les dossiers jugés par la Cour", a indiqué 
Marcin Wolny, un avocat de la Fondation Helsinki pour les droits 
de l'homme.  
    "Elle ne mettra pas fin à la dispute avec la Commission 
européenne ou la Commission de Venise (commission consultative 
du Conseil de l'Europe sur les droits de l'homme)", a-t-il 
ajouté. 
    De nombreux think tank américains, tout comme le quotidien 
New York Times, ont demandé au président Obama de soulever le 
problème lors de ses discussions avec les dirigeants polonais. 
    "Le gouvernement polonais doit entendre ceci, et bien plus: 
que l'alliance dont il demande la protection ne concerne pas 
seulement la défense des territoires mais aussi, et c'est 
peut-être plus important, la défense de valeurs communes", a 
écrit le New York Times dans un éditorial mercredi. 
 
 (Adrian Krajewski, Laura Martin pour le service français, édité 
par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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